Mondher Msakni: L’orfèvre
Par Mohamed Kilani - L'annonce de la mort de Mondher Msakni, samedi 7 février, a été accueillie avec consternation. Rien ne présageait un tel sort pour un homme visiblement en bonne santé et disposant de cette mémoire physique qui offre aux anciens joueurs un surcroît de protection. Mais la volonté de Dieu est au-dessus des spéculations et des implorations.
Mondher Msakni, né le 11 septembre 1960 à Tunis, a accompli une très belle carrière, débutée en 1980-81 au COT, poursuivie au ST en 1992-93 puis au CSS en 1993-94, pour se clôturer à l'Espérance la même saison.
Au COT, il est marqué dès son enfance par la présence de son idole, Mohieddine Habita, sans toutefois trop bénéficier de sa présence au club en raison de ses saisons passées au club émirati d’El Ain. En revanche, le talent de Henchiri et Yahmadi lui permet d’effacer les saisons de purgatoire grâce à une saison exceptionnelle en 1987-88, lorsque le COT fut à deux doigts de remporter le titre de champion, enlevé par l’Espérance au goal-average. Mais en remportant la Coupe aux dépens du Club Africain, le 19 juin 1988, Msakni put enfin goûter au bonheur de la consécration. Cela lui ouvrit les portes de la sélection pour disputer six matches amicaux et inscrire trois buts. Il restera le joueur appelé en sélection à l’âge le plus avancé : 28 ans.
La suite sera moins éloquente, puisque le COT connaît des difficultés structurelles au point de subir la relégation en 1992.
Refusant ce sort, le joueur migre au Stade Tunisien et revit le spectre de la relégation, le club n’ayant dû son salut qu’au goal-average face au SRS.
À nouveau, il choisit la transhumance sportive en partant à Sfax, sans parvenir à s’y imposer. Il termine la saison à l’Espérance, qui lui permet de goûter au plaisir du titre avec quelques participations marquantes.
En raccrochant, en 1994, le joueur ne savait pas qu’il vivrait plus tard des émotions fortes par l’entremise de ses deux enfants, Iheb et Youssef. Ce dernier parviendra non seulement à rayonner, mais aussi à réaliser une carrière impressionnante, à l’Espérance comme dans le Golfe, et également en équipe de Tunisie.
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Joueur pétri de qualités techniques, doté d’une prise de balle et d’une vision de jeu très rares, ainsi que d’une frappe de balle pure, Mondher Msakni laisse l’image d’un orfèvre du football.
Il laisse également le souvenir d’un homme loyal et bienveillant, toujours attaché à ses racines.
Mohamed Kilani
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