News - 20.05.2013

Néjib Chebbi au micro d'Elkabbach : les Tunisiens sont solidaires des forces de l'ordre

Ahmed Néjib Chebbi a affirmé lundi matin sur Europe 1, au micro de Jean-Pierre Elkabbach que la confrontation avec les jihédistes se déroule dans un climat favorable à la démocratie et que  les Tunisiens sont solidaires des forces de l’ordre qui sont prêtes à cette confrontation. Le leader du parti Al Joumhoury a appelé les Tunisiens à l’unité autour d’une stratégie nationale contre le terrorisme et les pays amis et voisins à être solidaires de la Tunisie pour la réussite de sa transition démocratique. Se voulant rassurant, surtout qu’il s’exprime sur une grande station française (Europe 1, un lundi de Pentecôte), il a affirmé que « la situation est tout-à-fait sous contrôle », mais souligné que « la dimension internationale de la nébuleuse jihédiste appelle à une solidarité internationale ».

Au sujet des prochaines élections, il a déclaré que le processus connaîtrait quleques difficultés. Souhaitées pour fin décembre 2013, elles pourraîent avoir lieu en mars 2014, mais rien n’est encore fixé pour le moment. Interrogé sur sa candidature aux présidentielles, il a indiqué que la question est à l’étude et qu’elle n’est pas exclue. Pour ce qui est de sa sécurité personnelle, Chebbi a précisé qu’il bénéficie d’une escorte fournie par les services officiels et qu’il utilise parfois un gilet pare-balles lors de certains déplacements.

Extraits

La Tunisie est entrée en confrontation avec  la fraction la plus extrémiste et la plus violente du mouvement islamiste, mais une confrontation qui se déroule dans un climat favorable à la démocratie. Ces gens sont totalement isolés par rapport à la population qui est solidaire des forces de l’ordre. Ces dernières sont déterminées à faire prévaloir la loi. Elles sont prêtes surtout qu’aujourd’hui, elles ont les instructions nécessaires pour faire face à ces gens-là.

Jean-Pierre Elkabbach : La menace couvait, et le gouvernement de la coalition a laissé faire. Ne paie-t-il pas aujourd’hui sa complicité ?

Ahmed Néjib Chebbi :  Tout-à-fait ! Nous avons souffert pendant plus d’un an et demi du laxisme du gouvernement et particulièrement du ministère de l’Intérieur qui était dirigé par l’actuel chef du gouvernement. Nous avons assisté à divers évènements et on est arrivés à l’assassinat de Chokri Belaid et face à cette violence nous n’avons vu aucune réaction vigoureuse de la part de l’Etat. 

Jean-Pierre Elkabbach : Le chef du gouvernement dit qu’il va interdire Ansar Ashariaa. Est-ce que vous lui donnez raison ?

Ahmed Néjib Chebbi :  Oui ! Il dit aujourd’hui ce qu’il aurait dû dire depuis très longtemps.  Ansar Ashariaa font partie de la nébuleuse jihédiste AQMI, Al Qaida…
Je vous rassure tout de suite. La situation est tout-à-fait sous contrôle. Mais cette dimension internationale appelle à une solidarité internationale.

Les jihédistes ne croient pas aux élections. Ils cherchent à appliquer un Islam rigoriste et l’imposer par la violence. C’est pire qu’une république à l’iranienne ; Ils sont des rigoristes absolus et prêts à se faire tuer pour leur idéologie.

C’est le prix du laxisme. Sous Ben Ali, ils étaient 3000 en prison. Aujourd’hui, on peut les estimer à 40000. Mais, selon certains rapports, ils ne dépasseraient pas quelques milliers. 

Jean-Pierre Elkabbach : Quel message aux Tunisiens ?

Ahmed Néjib Chebbi :  J’appelle les Tunisiens à l’unité autour d’une stratégie nationale contre le terrorisme mais qui ne pourrait être l’apanage d’un gouvernement à qui on reproche beaucoup de défaillances. Elle doit être élaborée dans le cadre d’une instance qui réunisse en même temps les représentants de l’Etat, de la société civile, notamment le secrétaire général de l’UGTT et des représentants de l’opposition.

Jean-Pierre Elkabbach : Et aux pays européens ?

Ahmed Néjib Chebbi : J’appelle nos partenaires, amis  et voisins européens à être solidaires de la Tunisie, de fournir à l‘Etat tunisien  tous les moyens nécessaires pour gagner cette bataille et en même temps, sans aucune inhibition, soutenir la transition démocratique.

 Personnellement, j’apprécie la politique de la France. Elle encourage la transition démocratique c'est-à-dire la tenue des élections libres le plus tôt possible. Mais le processus pourrait connaître quelques problèmes. On souhaitait qu’elles se tiennent fin décembre, mais, elles pourraient être reportées à mars 2014, rien n’est décidé pour le moment.

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2 Commentaires
Les Commentaires
Observateur - 20-05-2013 15:25

Drôle d'opposition!Elle soutient les forces de l'ordre mais pas le gouvernement. C'est quand même incroyable que l'on fasse cela en temps de crise aiguë. Cela ne fera qu'affaiblir l'État et jouera dans les mains des ennemis de la Tunisie. De ce côté, M. Chebbi et ses copains n'ont rien compris (ou font semblant de ne pas comprendre), mettant ainsi leurs intérêts politiques avant ceux du pays. Un très mauvais calcul qui aura l'effet contraire quand viendra le temps des élections. Quant aux salafistes, qu'on le veuille ou pas, ils font partie du paysage politique et social tunisien, et, "égarés" ou pas, il faudra composer avec eux, dans le cadre de la loi, bien entendu. La question est comment va-t-on le faire. Ce qui est clair c'est que leur marginalisation, leur exclusion et leur persécution n'en feront que des "martyrs", ce qui risque d'accroître leur capital parmi une certaine couche de la société et conduira inévitablement à des divisions et des tensions encore plus prononcées et bien plus graves. N'avons-nous donc rien appris des 50 ans de dictature?

mhamed Hassine Fantar - 22-05-2013 18:17

L’analyse de Mr. Farhat Othman me paraît pertinente pour tout ce qui concerne la jeunesse tunisienne : elle suffoque en Tunisie parce que réduite pour ainsi dire au désespoir. Je crois cependant que pour le court terme, la solution ne se trouve guère du côté de la Méditerranée européenne, ni encore moins du côté du golfe. Ici et là on se contente de faire des promesses, et plein de recommandations parfois très paternalistes. Toute action est d’abord pour soi. Quant à la question pourquoi cette attitude négative de la part de ceux que nous considérons comme nos partenaires objectifs soit à cause de la géographie et de l’histoire proche et lointaine pour les uns, soit à cause du patrimoine arabo islamique pour les autres, la réponse est très claire : ceux du nord de la Méditerranée n’ont pas encore oublié les avantages de la période coloniale et ils n’acceptent pas encore volontiers de voir leurs sujets d’autrefois s’asseoir autour du même plateau comme des partenaires à part entière ; Pour ceux du Golfe, ils ont une peur bleue de tout ce qui rappelle la liberté pour tous, l’égalité et la démocratie : c’est le danger qu’il faut savoir circonscrire et neutraliser Il y va du destin des monarchies des Cheikhats et sultanats. Il leur faut tout faire pour contrecarrer le Printemps des pays arabes. Il leur est salutaire de combattre tout changement à caractère démocratique. Pour agir, ils se payent des conseillers apparemment efficaces pour leur recommander des recettes sataniques : faire miroiter le bien pour garantir le règne du mal. C’est donc dire que la solution de nos problèmes ne se trouve nulle part en dehors de nous et de chez nous. Aussi devons- nous compter sur nous-mêmes et inventer des solutions appropriées à nos problèmes. Cela dit, loin de moi l’idée de tourner le dos à la coopération avec l’autre. Elle est profitable à ceux qui cherchent le bien de tous en toute bonne foi. Mais il y a un temps pour tout.

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