Édito - Tunisie: Un nouveau positionnement tous azimuts
Diversifier le plus largement possible nos partenariats: c’est un impératif qui s’impose à la Tunisie au milieu de ces changements profonds qui transforment le monde. Cela veut dire s’engager dans un multi-alignement, en fonction des intérêts et de la situation.
C’est une nécessité structurelle pour éviter toute dépendance concentrée vis-à-vis d’un bloc de pays ou d’une zone géographique. Tout en consolidant les relations avec les partenaires traditionnels, il s’agit d’approcher d’autres pays, dans différentes régions du monde, d’explorer de nouvelles opportunités et de développer des offres attractives.
Cela suppose au préalable la construction d’une proposition cohérente et lisible et l’adoption d’une stratégie d’approche progressive. La combinaison des différents atouts, entre position géographique, développement technologique, agriculture à valeur ajoutée, industrie confirmée, capital humain qualifié et potentiel d’énergie verte, constitue un puissant vecteur d’attractivité. Tout comme le patrimoine et la culture.
La Tunisie est capable de devenir un interlocuteur recherché par plusieurs partenaires. Rares sont les pays de la rive sud de la Méditerranée à même d’aligner autant de potentialités et de gérer des relations plurielles. Dans un win-win global, elle est à la fois riche et à la recherche d’opportunités. De la satisfaction de ses besoins massifs de financements à la couverture de sa demande en énergie, céréales, matières premières et autres, elle entend accéder aux meilleures conditions.
Le compas doit couvrir, outre l’Europe voisine dans toute sa largeur, de très nombreux pays d’Amérique, d’Asie, d’Océanie et d’Afrique. Les Brics, le Pakistan, les pays baltes et autres s’invitent à une longue liste. Une diplomatie agissante viendra en soutien à une économie redynamisée. Les Tunisiens qui y sont installés, notamment ceux qui occupent des positions élevées dans les finances, la technologie, la recherche scientifique, de grandes entreprises et autres, sauront apporter une contribution précieuse.
Un nouveau paramétrage de notre positionnement devient impératif. Tout change à très grande vitesse, avec un degré élevé d’incertitude et une grande difficulté d’anticipation. Mais nous devons nous appuyer sur nos fondamentaux.
Tout en procédant à ce rééquilibrage de son positionnement international, la Tunisie fait face, en interne, à sa propre transformation. Les grandes réformes structurantes, les finances publiques, la balance commerciale, la conversion vers les nouvelles énergies, la création d’emplois et l’innovation technologique sont en tête des priorités. Dans ces domaines, elle pourra puiser auprès de ses partenariats multiples et variés des sources utiles.
Les leviers du redéploiement et de la relance sont entre nos mains. Sachons les activer.
Redevenir un pays stratégique dans la région : l’objectif n’est pas difficile à atteindre. Tout est question de détermination. C’est un projet global, transversal, salutaire…
Taoufik Habaieb