News - 20.02.2026

Un nouveau livre de Faouzia Farida Charfi : Lettre à mon petit-fils sur l'islam d'aujourd'hui

Un nouveau livre de Faouzia Farida Charfi : Lettre à mon petit-fils sur l'islam d'aujourd'hui

Répondant à des questions de son petit-fils qui a 15 ans, Faouzia Farida Charfi balaye tant de faux interdits attribués à l’islam par des prédicateurs 2.0 et invite les jeunes à se libérer dans leurs têtes, et à défendre l’égalité et le respect de l’autre. « C'est comme ça que nous pourrons avancer dans ce monde qui devient inquiétant du fait de l'obscurantisme qui menace. Alors, avançons ensemble dans la liberté », lance-elle.

Dans un nouveau livre intitulé « Lettre à mon petit-fils sur l'islam d'aujourd'hui », paru aux éditions Odile Jacob, la physicienne et professeure d’université, fait prévaloir la science avec tous les questionnements qu’elle encourage. Puisant dans sa riche analyse des textes et pensées, elle œuvre à travers ses conversations à « rendre accessible la connaissance de l’islam classique et celle de l’islam de la réforme du XIXe siècle » et « propose aux jeunes de découvrir un islam modéré, loin de la vision traditionaliste : ouvert, tolérant, compatible avec la laïcité, cet islam conjugue liberté de conscience et spiritualité. »

Faouzia Farida Charfi a déjà publié « La science voilée », livrant une explication de problèmes sensibles tels que les sciences et religions, « Sacrées question, pour un islam d’aujourd’hui » et « L’islam et la science ».  Avec « Lettre à mon petit-fils sur l'islam d'aujourd'hui », elle aborde des questions qui mobilisent aujourd'hui. « Je m'adresse à mon petit-fils mais aussi à la jeunesse, dit-elle, pour amener les jeunes à comprendre l'autre, à le respecter mais aussi à bien être conscient que le principe d'égalité, c'est ce qui va nous guider. »

« J'aimerais que les jeunes soient libres de penser, qu'ils soient capables de penser par eux-mêmes, mais aussi qu'ils puissent poursuivre leurs questionnements sur les grands problèmes qui les concernent directement, ajoute-t-elle. J'avais déjà dans « La science voilée », montré que la science c'est le questionnement. La science est une communauté scientifique qui partage cette envie de découvrir le monde sans préjuger, sans tabou, une représentation du monde encore une fois libre de tout ce qui pèse finalement et ce qui a pesé dans la construction de la science. Parler de la science, c'est parler de liberté, d'une vérité toujours changeante, donc de questionnement. Mais, c'est se dire que la science n'a pas d'adjectif. Elle est universelle comme les valeurs des droits de l'homme aussi sont universelles. »

« C'est ça mon lien qui traverse tout le livre, dit Faouzia Frida Charfi. Je reviens sur certains moments de l'histoire de la Tunisie. Je parle de mon grand-père qui m'a beaucoup construit. Il me disait : « Fréquente les juifs et les chrétiens. Ils ont beaucoup à t'apprendre. La religion ne nous sépare pas. Elle n'a pas à nous séparer. »  C'est ç que mon grand-père m'a appris. Nous ne devons pas être conditionnés par des visions étriquées des religions. C’est ce qui est fondamental pour moi d'essayer d'expliquer dans ce livre et d'amener les jeunes à considérer qu'il est nécessaire de vivre en toute liberté,  que la liberté de conscience, est fondamentale. »

« J’ai discuté avec mon petit-fils quand il y a eu ce terrible assassinat de Samuel Paty, indique-t-elle. Il est insupportable de tuer quelqu'un parce qu'il a fait telle ou telle leçon. La société a besoin de vivre dans un pays où la séparation de l'Etat et de la religion permet justement l'expression de toutes les libertés. Elle permet aussi le vivre ensemble entre les personnes de différentes religions et laisser de côté les discriminations du fait de la religion de chacun. C'est peut-être cette discussion qui m'a amené à parler avec mon petit-fils du racisme et de l'antisémitise. »