News - 06.08.2022

À quand la journée nationale de l’eau en Tunisie ?

Par Chadli Laroussi - Le 5 août 2021, Leaders titrait «Ameur Horchani, l’éminent expert en eau, est décédé» .Et ajoute que le même jour le chef de l’Etat «sonne l’alerte du stress hydrique».

Hasard ou fatalité ?

La veille du 5 août 2022, la Sonede (Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux) annonce des perturbations et des interruptions dans la distribution d’eau potable le vendredi 5 août 2022, à partir de 6h dans les délégations de Mornaguia, Borj El Amri, Tebourba et El Batan du gouvernorat de la Manouba, suite à des travaux de réparation sur la canalisation principale située sur la route nationale n°5 reliant Tunis et Béja.

Hasard ou fatalité ? 

Le même jour du 5 août 2022, le journal français La Croix écrit : « En ce début de mois d’août, pas un département français n’échappe à la sécheresse. Près de 60 d’entre eux sont même placés en état de crise, le niveau d’alerte le plus élevé...La baisse de niveau dans les cours d’eau et les nappes phréatiques est devenue critique dans certains territoires, au point de menacer l’approvisionnement en eau potable. Plusieurs communes dans le Doubs, le Var ou encore la Drôme sont aujourd’hui concernées. Certaines doivent se faire livrer de l’eau par camions-citernes quand d’autres sont contraintes de trouver d’autres sources. » Certaines chaînes de télévision annoncent, en ce 5 août 2022 que « 200 communes françaises sont privées d’eau potable et que la France n’a jamais connu dans son histoire une sécheresse aussi sévère. »

Hasard ou fatalité ?

En fait, ni hasard, ni fatalité !

Le réchauffement climatique de notre globe est un fait avéré et l’humanité sera menacée par une catastrophe écologique et particulièrement à une pénurie d’eau, si toutes les nations ne s’accordent pas sur une politique volontariste et solidaire pour réduire leurs émissions de carbone et mettre fin à toutes les atteintes à l’équilibre écologique de la planète.

À dessein, j’ai cité, à titre de comparaison avec la Tunisie, la France qui est face à notre pays, baignée par la même mer Méditerranée devenue, du fait du réchauffement climatique, « un lac équatorial ». Comme la Tunisie, la France repose sur le socle géologique du système Alpin et bénéficie des neiges éternelles du sommet des Alpes. Ainsi, la France dispose, en moyenne, d’une capitale eau de plus de 3000 mètres cubes par habitant et par an. Si, malgré cette manne céleste, la France souffre aujourd’hui d’une sécheresse aussi sévère, qu’aurait été la situation de notre pays dont les ressources en eau sont en moyenne de moins de 430  mètres cubes par habitant et par an, n’eut été la politique volontariste menée par la Tunisie qui, dès le lendemain de son indépendance, a hissé la sécurité hydraulique du pays en priorité nationale et réservé au domaine de l’eau la part de lion dans le budget du ministère de l’agriculture. D’où la mobilisation aujourd’hui de la quasi-totalité de nos ressources en eau douce grâce à un réseau de barrages interconnectés et une multitude de forages et puits de surface qui couvrent tout le territoire national. Nous avons ainsi atteint la limite de nos ressources d’eau renouvelables que nous offre la nature.

La nouvelle étape sera celle du recours à un supplément d’eaux non conventionnelles. Elle consiste en la production d’eau douce artificiellement par l’installation, déjà ébauchée, des premières unités de dessalement d’eau de mer sur le littoral tunisien. Nos ressources infinies en soleil et en eau de mer nous offriront la possibilité de réaliser pour les générations futures une sécurité hydraulique durable, si nous réussissons dès maintenant à coupler le programme de production d’eau douce au programme de production d’énergies douces et particulièrement l’énergie solaire.

Dans ce contexte, la sensibilisation de la population à la problématique de l’eau en Tunisie doit devenir une priorité nationale. Sachant qu’il n’y a pas de vie sans eau, il y va de la pérennité de la vie sur notre terre. Il y va de la pérennité de notre nation.

L’humanité ne s’y est pas trompée en instituant une journée mondiale de l’eau. La Tunisie ne sera pas en reste d’avoir sa journée nationale de l’eau. Compte tenu de notre situation climatique qui fait du mois d’août le mois qui clôture l’année hydrologique et le mois qui enregistre une forte pression sur la demande en eau, un jour du mois d’août serait le plus approprié pour sensibiliser la population au caractère vital de cette ressource. Une ressource dont il faut éviter le gaspillage et qu’il faut préserver à tout prix de toute source de pollution. 

Le 5 août pourrait bien convenir pour cette date puisqu’il nous rappelle « l’alerte du stress hydrique » lancée aux Tunisiens par le chef de l’Etat le 5 août 2021 et honore, en même temps, la mémoire d’un des pionniers de la sécurité hydraulique de notre pays  qu’est Ameur Horchani, surnommé « le père des barrages tunisiens » qui nous a quittés le 5 août 2021.

Chadli Laroussi


 

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