News - 13.05.2022

Nizar Ben Neji, Ministre des Technologies de la communication: Accélérer l’avancée numérique

A 40 ans, Nizar Ben Neji est le plus jeune ministre du gouvernement. Jusque-là enseignant-chercheur et consultant expert international, féru de lecture et de recherche dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC), le voici aux commandes. Tout s’est rapidement enroulé. Savourant ses vacances estivales d’universitaire, sa carrière devait basculer ce soir-là, lorsqu’un appel téléphonique lui parvient du palais de Carthage. Les services de la présidence voulaient vérifier un renseignement le concernant, sans lui donner davantage de précision.

S’ensuit un silence radio, jusqu’à ce qu’il soit invité à se rendre à la Présidence: il est nommé ministre des Technologies de la communication, en remplacement, au pied levé, de Fadhel Kraiem.

Nous sommes le 2 août 2021, une semaine après le 25 juillet 2021…

En le recevant, le président Kaïs Saïed lui fixera clairement sa mission: assurer la relève et tout accélérer. Élogieux sur son parcours, il l’assurera de sa pleine confiance et de tout son soutien. A lui alors de faire ses preuves. Sa confirmation ne tardera pas: deux mois seulement après, Nizar Ben Neji sera maintenu au sein du nouveau gouvernement que formera Najla Bouden, le 11 octobre 2021. Il est le benjamin des ministres.

Sa première grande épreuve de feu sera de concevoir la plateforme numérique pour la consultation nationale électronique décidée par le président de la République en prévision du référendum du 25 juillet. Toute la dimension technologique lui reposera sur les épaules.

Des plantes rares…

Le premier geste qu’entreprendra le nouveau ministre sera de fleurir son bureau et d’y introduire de la verdure. Au dernier étage de cet immeuble moderne non loin de la place Pasteur, le bureau du ministre est doté de larges baies vitrées, en coin, installées sur une petite élévation de plinthes. Grand amateur de plantes rares dont il compte plus de 1 000 espèces dans sa précieuse collection, il en ramènera de magnifiques spécimens. Bricoleur, aimant fabriquer des meubles et des présentoirs à partir de morceaux de bois récupérés, il installera dans un coin ensoleillé un présentoir qu’il garnira de plantes, créant ainsi son jardin de ressourcement. C’est aussi un message à l’adresse de son équipe et de ses visiteurs.

Plongée dans la canicule, Tunis était quasi vide en ce début du mois d’août. La période de congés battait son plein. Et pourtant, il fallait à Nizar Ben Neji se mettre immédiatement à l’ouvrage. S’il connaît bien le secteur des TIC, il doit rapidement prendre en main les commandes du ministère que, jusque-là, il n’avait pratiqué que de l’extérieur, et à travers des organismes placés sous sa tutelle. L’initiation sera facile. Nizar Ben Neji procédera aux diagnostics nécessaires pour cerner les problèmes dont souffre le secteur : textes juridiques très anciens, absence des briques de base (ElectronicID, MobileID, MPayment, …), gap technologique, fuite des compétences dans le domaine de l’IT, résistance aux changements, etc.

L’urgence de la situation et le contexte spécifique dans le pays rendent la responsabilité plus haute. La mission était d’autant plus délicate à assurer lorsqu’il s’agit du choix des nouveaux responsables (membres de l’équipe) ou de prioriser les actions à entreprendre afin de gagner rapidement la confiance de l’écosystème ainsi que de confirmer la confiance qui lui a été accordée par la hiérarchie.

Insuffler un sang neuf

Le premier centre d’attention du ministre Ben Néji était la constitution d’une équipe jeune, compétente, dynamique et engagée à affecter au cabinet et surtout au niveau des entreprises sous tutelle. C’est ainsi que pour la première fois en Tunisie, un appel public à candidature a été lancé pour le choix d’un PDG pour Tunisie Télécom. Une première réussie malgré la polémique et le lobbying assuré pour faire avorter cette initiative.

Aussi a-t-il hissé de jeunes responsables talentueux, expérimentés et engagés à la tête des structures d’importance comme l’ANF, l’ANSI, l’ATT et des directions clés au ministère à l’instar des directions générales des technologies de la communication et de l’information. Ces désignations ont porté des personnes chevronnées et bien réputées dans le secteur à la tête du CNI et de l’INT, ainsi que du cabinet ministériel.

Rattraper le retard

Les équipes bien constituées, il fallait s’attaquer aux grands chantiers.

Le président de la République et la cheffe du gouvernement misent sur le digital pour la transformation des services offerts pour et par l’Administration tunisienne, dans l’objectif de bien servir les citoyens.  Le message a bien été reçu. Les premiers fruits ne se sont pas fait attendre.

Rapidement, la consultation nationale électronique, décidée par le chef de l’Etat pour recueillir l’opinion des Tunisiens à propos des grandes réformes à entreprendre, leurs appréciations des services publics et de leurs attentes, accaparera de grands efforts. Toute la partie technologique était en effet confiée au ministère. Une course contre la montre était alors lancée, et devait vaincre tant d’obstacles.

Le grand défi technologique de l’E-Istichara

Réussir était l’unique option. L’objectif était de réaliser en un temps record de moins de trois mois, et sans aucun budget additionnel, une plateforme en ligne d’enquête d’opinion dans divers domaines (politique, économie, affaires sociales, qualité de vie, développement durable, éducation et culture).

Au niveau technologique, le défi était d’assurer les aspects suivants:

Anonymat dans la participation

Protection des données personnelles

Unicité de la participation avec possibilité de mettre à jour la réponse

Transparence dans les différentes phases du projet

Facilité et équité dans l’accès

Sécurité et stabilité de plateforme face à la montée en charge et face aux tentatives d’attaques des jeunes amateurs, qui était face à un architecte et un spécialiste en la matière.

La responsabilité est lourde à assumer dans un environnement jalonné de nombreux obstacles politiques, économiques, sociaux et humains. Nizar Ben Neji devait avancer à pas sûrs sur un chemin épineux. Rapidement, il s’est entouré d’une bonne équipe compétente en communication pour l’accompagner dans l’accomplissement de ce projet délicat et totalement inédit en Tunisie et dans la région. Les index de performance à atteindre sont multiples : il fallait à la fois réussir la plateforme, s’assurer d’un bon taux de réponses, traiter les données et établir les rapports y afférents ainsi que la synthèse globale, et aussi tenir la date butoir.

Nizar Ben Neji, épuisé, comme ses collaborateurs, par l’enchaînement de nuits blanches et de semaines sans repos, mais tous exaltés par les résultats enregistrés, était ravi de soumettre, à la date fixée (le 20 mars 2022), au président de la République le rapport de la consultation. Le génie technologique tunisien a bien fonctionné.

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