News - 12.05.2022

Aycha Taymour, l'une des premières écrivaines arabes 1840-1902

Par Abdelkader Maalej - Aycha Taymour, appelée aussi Attaymouria, était une écrivaine et poétesse connue et vénérée. Elle descendait d’une famille intellectuelle  qui avait enfanté certains grands hommes de lettres célèbres à l’instar des  nouvellistes Mohamed et surtout Mahmoud Taymour. Au demeurant, c’était en lisant les nouvelles écrites par ce dernier que j’ai moi même aimé ce genre littéraire et que j’ai commencé à écrire des nouvelles depuis ma jeune enfance.

Les Taymour étaient d’origine turque et plus exactement kurde. Aycha Taymour était l’une des premières écrivaines du Proche Orient à écrire en arabe en turque et en persan.

En prose elle avait écrit un roman allégorique et de nombreux essais. Dans certains  essais elle avait  parlé de son père Ismaël Pacha un haut  fonctionnaire de carrière au gouvernement égyptien. C’était lui, disait elle qui recrutait des professeurs  qui venaient à sa maison pour  apprendre à sa fille le coran les sciences charaïques la langue  la grammaire arabes et d’autres sciences ; elle avait aussi parlé de sa mère dont elle avait hérité la rigueur, la vigueur  et la force de caractère.

Dans ses essais Aycha avait aussi traité de questions afférentes à la femme telles que l’éducation de la fille, le mariage le voile etc.
Mariée à l’âge de 15 ans elle dut  cesser d’écrire pour s’occuper de son foyer. Mais après la mort de son mari et de son père elle revint à ses premières amours en se remettant à écrire des poèmes qu’ ’elle publia dans un recueil poétique qui était l’un des premiers ouvrages publiés par une femme de son époque.

Son recueil poétique est intitulé "Hiliati ettiraz" ou Broderie décorative. Le premier poème a pour titre « Avec ma main vertueuse je protège mon voile ». Je vous propose de lire ce poème suivi par une traduction approximative en français vu que le poème est difficile à comprendre car l’auteure y avait utilisé tous les procédés stylistiques et linguistiques possibles et imaginables tels que l’allusion, la métaphore l’emprunt le syllogisme l’allitération le sens figuré etc. La traduction ne peut être donc qu’approximative et peut être même un tantinet imprécise.

Avec ma vertueuse main je protège la force de mon voile

Et grâce à ma chasteté je surpasse mes émules,

Avec une pensée étincelante et une muse critique j’ai couronné ma littérature ;

Bien avant moi des femmes nobles appréciées et sages avaient écrit,

Ce que j’ai dit n’est que plaisanterie et jeu de mots,

Jouissant de l’éloquence  du livre et la  sagesse de la logique,

La fille de Mahdi et Leila sont mes modèles préférés ;

Grâce à mon instinct inné et mes jolies idées j’ai composé des poèmes ;

Superbes elles le sont ces dames, de quel noble tissu sont elles issues.

Ces vieillardes  par  les hommes vénérées,

Des perles littéraires à l’instar de la poétesse Elkhansa

Parcourant des chemins rocheux à la recherche de son frère Sakhr

Du front de mon calepin j’ai façonné mon miroir

Et des traces de l’encre j’ai crée mon ornement ;

Que de fois mes doigts ont décoré les joues de mes pages

Par des scripts d’écriture et des soupirs de  jeunesse. 

Les bougies de mon intellect envoient leur lumière très loin.

Avec l’odeur de mes mots je parfume le jardin de mes amis.

Des femmes immensément splendides sont enrôlées dans des draps de fine logique,

Toujours enviées en ma présence autant  qu’en mon absence.

Au club des sentiments elles  sont fondues

Rappelant des gens de bonne souche ;

Au moyen de mes arts j’ai sauvegardé mon intellect.

Grâce au beau talisman et au  voile sauveur.

Tout en faisant de moi la plus belle rose des sages esprits

Je ne suis point affligée ni par la solitude ni par un bandeau au front

Ni encore par un habit brodé   fière de son   paradis.

Mon humilité ne m’a point empêchée de m’envoler haut,

Le voile couvrant mes boucles  ne pourrait déformer mon image.

Rugueuse, l’arène   les cavaliers les plus ambitieux

Ne pourraient  y éviter  la souffrance provoquée par la dureté du combat.

Je ne saurais m’empêcher de louer

La splendeur de mes hauts  objectifs

Sans omettre de mentionner l’essence cachée

Nonobstant la perfusion de son étrangeté au milieu des étrangers.

Tout comme un misk dissimulé dans les tiroirs  des trésoreries

Dont l’encens se répand en souffles d’orient,

Ou comme des mers pleines de perles et de pierres précieuses.

Les mains qui les touchent se paralysent

En voulant obtenir ces désirables perles ;

Les plongeurs se trouvent confrontés à des peines sans fin ;

Les ambres les plus connus du monde consentent à sauvegarder ces perles

Et cette histoire est relatée dans tous les livres  que peut se procurer tout acheteur.

Elle enrichit en moi la lampe de dextérité,

Tel un don qui m’est offert par notre charitable omnipotent seigneur.

Abdelkader Maalej
 
 
 
 

 

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