News - 25.01.2022

Des femmes célèbres au Proche Orient Nazira Zeineddine, comme exemple نظيرة زين الدين

Par Abdelkader Maalej - Nul n’ignore que la première moitié du vingtième siècle a été marquée en Tunisie par la présence de plusieurs femmes militantes célèbres par leur participation à la lutte pour l’émancipation de la femme longtemps asservie par l’homme à l’instar de Bchira Ben Mrad, Tawhida Ben Cheikh, Radhia  Haddad, Majida Boulila et j’en passe. Nous avons molto fois parlé de ces femmes dans nos précédents écrits. Dans ce propos et dans d’autres prochains écrits nous nous proposons de parler de certaines femmes militantes célèbres au Proche Orient. Pour commencer disons que l’une de ces militantes avait  pour nom Nazira Zeineddine (1908-1976) que peu de gens connaissent. Qui était cette femme ?

Nazira Zeineddine est une femme druze née à Istamboul. Son père était un magistrat dans le pays Ottoman. Sa mère était catholique de confession. Dés l’âge de six ans elle dut rentrer avec sa famille au Liban. Ses parents l’inscrivirent dans une école catholique à Beyrout. Elle y apprit l’arabe, le français, l’anglais et le turque.  Avec son père Saïd elle décida d’apprendre ce qu’était l’islam.

A l’âge de 18 ans elle commença à remarquer que les femmes de cette confession ne jouissaient pas des mêmes droits que l’homme.

En 1927, Nazira fut choquée d’entendre certains cheikhs syriens déclarer que la femme devait porter le voile lorsqu’elle sortait de chez elle alors que le port du voile n’était pas chose commune. Nazira donna une série de conférences défendant les droits de la femme et son égalité avec l’homme. Dans toutes ses conférences elle ne cessait d’affirmer que le port du voile n’est pas  décrété par le Coran et que ce n’était nullement une obligation pour la femme. Elle réunit toutes ces conférences dans un  premier livre de 400 pages intitulé Assoufour Wal Hijab (1928). Elle accusait le cheikh syrien Mustapha Ghailani d’être un homme hypocrite; ce dernier avait en fait  publié un  livre intitulé l’Islam et la civilisation dans lequel il  décréta que le port du voile était obligatoire selon la charià.

En 1928 Nazira  publia un deuxième livre défendant les droits de la femme  y compris  son droit de ne pas porter le voile. Peu de temps après elle publia un autre  livre intitulé la fille et les cheikhs dans lequel elle défendait le droit de la fille à l’éducation.

Nous vous proposons  de lire ces quelques paragraphes extraits  de son livre intitulé Assoufour wal hijab (Femme dévoilée et femme voilée), sous le titre: Liberté et progrès de l’homme - Liberté d’esprit et liberté de volonté

Elle écrit:

«Le sage homme de lettres Mustapha Manfalouti a écrit que l’homme ne peut garantir son bonheur s’il n’est complètement libre. Rien ne permet à l’homme d’être maître de son corps de son esprit de son âme de son émotion de ses idées si ce n’est son propre comportement moral. La liberté est le soleil qui doit briller dans chaque être humain. Celui qui en est démuni ne vit que dans l’obscurité totale   de l’utérus jusqu’ à la tombe. La liberté est la vie. Sans liberté la vie de l’homme ressemblerait à une marionnette qu’on fait bouger artificiellement.

De son côté Mhammed Abdou  paix à son âme avait dit : l’islam a rendu à l’homme sa liberté et sa dignité en affranchissant sa liberté  de celle des autres… En gros l’islam a libéré l’égo de son asservissement par les escrocs et les charlatans. En proclamant l’unicité de Dieu l’homme devient le serviteur de Dieu et d’aucun autre. Il a droit à tout ce qui est dû à l’homme libre. En droit il n y’a ni supérieur ni inférieur. Seul le travail différencie l’un de l’autre. Rien ne distingue l’un de l’autre si ce n’est sa raison et sa culture. Rien n’approche l’homme de  Dieu si  ce n’est la pureté de son esprit, sa  prémunition contre les suspicions, la droiture de ses actes et sa modestie.

Bienvenue chère liberté d’esprit et de volonté. Tu es l’essentiel de la religion; tu es la base de la nahdha (renaissance); tu es la créatrice des vérités au moyen de la recherche scientifique; bienvenue liberté; tu nous permets  de sauvegarder notre dignité et de résoudre nos problèmes de la  meilleure façon du point de vue religieux et de la manière la plus bénéfique pour  nous et pour notre foyer.

J’ai mentionné la liberté de l’esprit et la liberté de la volonté a ajouté l’auteure; elle poursuit: d’aucuns risquent de confondre les deux concepts ; en fait l’ignorance a longtemps abaissé leur valeur,  terni leur beauté en les  confondant avec les instincts animaux que les ignares   appellent liberté ; la liberté a élu l’esprit pour domicile,  sa lumière ne brille qu’en l’homme à la mesure de son esprit. L’animal ne possède pas un esprit et par conséquent il n’aspire pas à la liberté. Il n’a pas de volonté et par suite il ne jouit pas d’une liberté d’esprit. Ses instincts d’animal sont nuisibles car la liberté  n’a aucun effet sur eux.

La liberté de la volonté telle que définie par les sociologues réside dans sa capacité de choisir ses actes conformément à son aptitude à concevoir les objectifs voulus  en suivant un comportement décent. La liberté de l’esprit de l’homme implique  sa liberté de répondre sans peur et sans honte   à l’appel lancé par son esprit à faire du bien pour lui et pour les autres. Il n’en est empêché ni par aucune autorité ni aucune haine envers quiconque. Il nous est possible d’assimiler les deux concepts de liberté à toutes  les autres libertés ; elles tendent toutes à assurer le bonheur de l’homme et à construire la société sur des bases saines.»

Abdelkader Maalej
 

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