Opinions - 02.10.2020

Tunisie: Fausse route

Par Monji  Ben Raies - Nos grandes erreurs de gouvernance se sont cristallisées sur le plan politique, économique et social depuis 10 ans maintenant, lorsque le tout un chacun s’est immiscé à la Constituante sous prétexte de poser les fondations de ce qui devait être l’Etat nouveau de l’après 2011. Progressivement, la société politique tunisienne est devenue un salmigondis de personnes du commun qui se mêlent des affaires politiques comme Monsieur Jourdain dit de la prose, sans rien en connaître. Telle qu’elle se présente, la classe politique semble n’avoir plus que faire de l’intérêt général et surtout n’aidera pas le pays à se relever des crises à répétition qu’il est en train de vivre. L’intérêt général s’estompe peu à peu, et les politiques publiques, pourtant nécessaires, semblent des ombres diaphanes sur le tableau étatique. Nous avons une classe politique, à la fois fragmentée, tout en étant désunie dans ses intérêts matériels contradictoires.

Cette situation fait que ce sont ces intérêts qui prédominent et qui dictent les comportements et non pas l’intérêt supérieur sociétal et de la Nation. Sur des questions centrales, financières, sanitaires, sociales, relativement à la situation épouvantable du pays sur le plan économique et social, avec la paupérisation et l’amenuisement de la classe moyenne, des clans s’opposent à prendre des mesures pour y faire face. La classe politique égoïste est totalement déconsidérée par la population qui demande maintenant, dans la rue, son changement. Depuis 2011, elle a accaparé tout l’étage de l’hôtel du pouvoir pour elle-même, pour se servir à convenance au buffet ouvert des privilèges, sans y apporter une once de bon sens ou de solution. Chaque parti sert ses intérêts et ceux de sa paroisse, bénéficiant d’avantages matériels outranciers.

Face à cela, les jeunes notamment, mais pas seulement eux, ne supportent plus l’iniquité de ce système politique. Après seulement six années, le régime politique mis en place par la Constituante en 2014 semble aujourd’hui à bout de souffle, compte tenu de son inadéquation, de son inadaptation et de l’équilibre précaire des forces politiques en présence, qu’il instaure. Il contribue à un immobilisme politique directement responsable de la crise qui frappe le pays depuis plusieurs années.

En Tunisie, la politique n’évolue pas ou plus, faite seulement de faux-semblants et de poudre-aux-yeux, du fait de cet équilibre instable de la société politique et de la peur maladive de le rompre par des réformes qui redistribueraient les cartes. Ce système ne laisse donc place à aucune échappatoire, à aucun autre débat, aucun autre discours, que celui du nombre de sièges et du nombre de portefeuilles ministériels dans la formation de gouvernements que l’on négocie dans le souk des tapis politiques de Dar Dhiaffa. Une course au pouvoir personnalisée et un partage corporatiste du Gâteau Tunisie. Ce phénomène chronovore empêche la focale de se décaler de cette pseudo représentation théâtrale répétitive très floue, pour passer à des choses plus concrètes comme les vraies questions à propos de politique générale, de diplomatie, d’économie et de finances publiques. Au-delà du système en tant que tel, c’est le rejet plus direct de certains représentants auxquels on reproche d’entretenir la zizanie entre les formations, leur amateurisme, leur incompétence et leur souci de ne faire que s’asseoir sur les sièges des institutions pour occuper la place, sans plus d’apport qu’une présence.

Le printemps arabe, la révolution dont on a tant parlé, comme une allégorie du Peuple en quête de dignité. Il crie toujours sa révolte et nous interpelle sur la question de savoir si toutes les révolutions mènent à la liberté. Simplement pour montrer comment la Tunisie continue d’être maltraitée même par ses nouveaux dirigeants. La démocratie n’a toujours pas su se repositionner, face à la montée de l’autoritarisme extérieur et intérieur, portée par les désarrois des classes moyennes disqualifiées. Notre décennie révolutionnaire n’a surtout fait qu’embarquer les questions irrésolues de la précédente, comme une voie d’eau ingurgitant des paquets de mer, dans le flanc d’un navire meurtri. Les questions politiques, financières, sociale, sociétale, écologique, n’ont toujours pas le début d’une réponse à la hauteur du défi, c’est-à-dire adaptée en termes de moyens et de degré de coordination. Le Brexit continue de créer une énorme inconnue, aux portes de l’Union Européenne et de ses partenaires, dont nous, Tunisie. L’Algérie reste un voisin gênant, une poudrière politique et financière au bord de l’implosion ; tout comme la Libye qui s’installe durablement dans la guerre civile internationalisée ; et l’on ne voit sur aucun de ces terrains s’esquisser l’amorce d’un dénouement quelconque. Nous situant toujours dans l’après 2008, nous n’avons pas su traiter l’économie réelle et la question sociale. Nous sommes confrontés à des mirages, la récession mondiale tant crainte n’aura probablement pas l’ampleur que certains lui prédisent ; et pourrait resurgir, prématurément, le concept de reprise dans le vocabulaire des experts. Dans ce monde de l’après 2008, où l’argent, les prix d’actif, les trésoreries, ont leur vie propre, décorrélée du réel, l’économie peut aller mal, l’activité peu ralentir avec ou sans son florilège de faillites, de licenciements, qui généralement amplifient le phénomène. Et certains s’illusionnent de l’idée d’une résolution de notre crise, qui n’est que le début d’un processus long et profondément incertain ; qu’ils s’illusionnent aussi de l’apaisement des bras de fer partisans, les considérants à tort comme une ‘’Pax politica’’. Et que les tractations et marchandages, portés par des intérêts durablement au plancher et le rachat d’influence, accrédite l’idée d’une levée des points de blocage et que tout cela soit momentanément auto-réalisateur.
Mais détrompons-nous ! Même s’il devait y avoir quelque reprise de feu de la croissance, ce serait une fausse bonne nouvelle et un mauvais symptôme ; et peut-être même un plus gros risque. L’illusion que tout ne va pas si mal, avec la finance dans le rôle de l’orchestre sur le Titanic, est précisément ce qui fait que 2011 n’appartient toujours pas au passé et que le ‘’business as usual’’ continue son cours, sans prendre à bras le corps les enjeux ; et cette conjoncture en apesanteur est aussi ce qui fait que l’administration du moment n’aura pas à rendre compte de son bilan véritable à plus long terme. La démocratie est assaillie de toutes parts et ne sauve les meubles qu’en apparence ; et dans ce contexte chaque scrutin devient le marqueur de cette déliquescence sociétale annoncée. Les élections décisives pour la recomposition politique

de certains pays comme le nôtre, surlignent l’extrême fragilité du modèle démocratique en proie à des partis politiques peu fréquentables, qui ne se maintiennent plus que par des machinations et un acharnement thérapeutique qui accélère leur discrédit et devrait acter encore plus le naufrage des idéaux ; l’élection présidentielle tunisienne du prochain quinquennat, occupera le devant de la scène et pourrait consacrer le caractère insubmersible de l’administration actuelle ; et même si tel n’était pas le cas, une victoire d’un parti démocrate risquerait fort d’être un cadeau empoisonné, tant ces derniers sont divisés, et tant le corps social n’est pas prêt à opérer ce tournant radical qui permettrait à la Tunisie de changer d’époque sous leadership d’un Etat de droit et de l’intérêt général et d’entraîner dans leur sillage les Pays de l’Afrique en développement.

Reste le désastre le plus certain de 2020, tout ce qui ne se fera pas. Le slogan sera là, mais le redécollage n’aura pas lieu. Faire, c’est accepter un engagement, un budget, une dette publique, mobiliser des montants massifs dans des délais courts, réduire les inégalités, restaurer la capacité d’achat des simples citoyens, ainsi que la justice fiscale et bâtir des filières sur le territoire. C’est révolutionner le cadre financier en imposant plus justement tous les contribuables sans exception, y compris les grandes fortunes. En 2020, on parlera encore de dérives financières, mais on ne s’attaquera pas à l’hyper-concentration des fonds pécuniaires dans une minorité de mains. On parlera taxation, mais les lobbys et le pouvoir de l’argent la torpilleront. Finalement, imaginer la fin 2020 aujourd’hui, c’est imaginer une année en trompe-l’oeil, une année qui appartient déjà au passé, une année pour rien, sinon corrompre l’année à venir et le devenir de la démocratie.

En Tunisie depuis 2011, les erreurs de politique économique, suite d’abord à la grande récession de 2008, mais aussi au changement de régime, et au piétinement des remaniements gouvernementaux, ont abouti à des résultats calamiteux ; un taux de croissance annuel moyen tombé en dessous de ½ %, et un nombre de chômeurs en hausse constante, puisqu’avec la crise sanitaire, nous devrions atteindre et même dépasser les 35 %.

Egrainer et catégoriser les erreurs successives de notre chapelet conduit à présenter trois types d’erreurs fondamentales propres à la situation présente, des erreurs de stratégie, des erreurs de diagnostic, des erreurs de timing.
Parmi les erreurs de stratégie, l’une d’elles est sans conteste, commune à tous les gouvernements, l’absence de prise à bras le corps de ce qui est à l’origine d’un malaise tunisien, le déséquilibrage du voisinage, Algérie, Maroc et Libye et la périphérisation de l’économie tunisienne. Au coeur du problème Tunisien, il y a l’agglomération de la logistique exportatrice du Maroc et en corolaire la perte d’audience tunisienne à l’échelle européenne, africaine et arabe, qui participe à la panne du projet d’intégration régionale et nationale. Le Maroc joue en solo et surfe sur les défaillances économiques et de représentativité tunisiennes et récupère ses parts de marché perdues et sa crédibilité dissolue. Remonter la pente, tout en nous différenciant devrait être au coeur de nos problématiques politiques et socio-économiques. Au lieu de cela, la Tunisie, comme d’autres pays de la zone méditerranéenne, s’évertue à devenir une pâle copie satellite de l’Amérique, de la France, de l’Allemagne ou de la Turquie et ne conçoit uniquement ses réformes que par le prisme de ces derniers. Résultat, la Tunisie, subit pour l’heure les revers de l’orthodoxie libérale occidentale au plan budgétaire, salarial et fiscal, social, pour tenter de retrouver le chemin de la compétitivité. Mais la remontée prématurée des taux financiers, en 2011, a tué dans l’oeuf l’embryon de reprise qui s’esquissait. Le contraste est saisissant avec la politique menée par nos voisins. Le constat est implacable ; la Tunisie s’est laissé happer dans la dynamique des pays du sud avec une crise à rechute et une mentalité d’assisté.

Dans le prolongement du premier constat, relativement aux erreurs de diagnostic, de prime abord, il apparait que le système productif est le grand absent de nos politiques économiques et sociales. Il est abandonné à l’anarchie de l’initiative privée et de la concurrence sauvage. Certes, il y a eu une inflexion vers l’offre depuis 2014, mais il n y’a pas de vrais instruments à la hauteur de notre problème productif pour concevoir un produit tunisien original. C’est flagrant au niveau du secteur touristique, dont le produit offert n’a pas évolué depuis les années 1960. Il y a eu une ébauche de changement, avec les pôles de compétitivité, mais depuis on continue de s’en remettre au marché quand il faudrait agir, protéger l’innovation, orienter l’investissement pour rattraper le terrain perdu ou se repositionner là où le tissu productif est le mieux à même d’extraire de la valeur, comme dans le secteur agricole. A l’inverse, la défaillance de politique Tunisienne d’exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires n’a cessé d’affaiblir notre positionnement de gamme, et de fragiliser notre socle de productivité pour ne servir in fine que des hausses de SMIC décrétées unilatéralement du sommet de l’Etat.

Les erreurs de timing sont la troisième catégorie d’erreur, et notamment la myopie de notre pilotage sociétal et la carence d’une véritable politique financière et fiscale, juste, égalitaire et équitable. Les gouvernements successifs n’ont pas cessé de spéculer sur des reprises hypothétiques et des taux de croissance irréels, ouvrant les vannes budgétaires quand tout va bien et les refermant quand l'activité économique et sociale ralentit.

En absence de réserves, toutes les périodes de risques sont abordées sans munition appropriée, préparant des lendemains qui déchantent et des ‘’stop and go’’ incessants. Un mauvais tempo procyclique, dont le dernier en date est celui du début de mandat du Président de la république, Kaïs Saïed, en janvier 2020, héritier d’une longue période de stagnation. La croissance tunisienne est sous le zéro en rythme annuel et elle est au diapason de la crise mondiale et locale accentuée par son volet sanitaire. Moins d’un an plus tard, le trou d’air, certes général, puisque la croissance du reste de la zone méditerranéenne est revenue sur un rythme des plus lents, en Tunisie, est devenu plus qu’une décélération.

L’économie tunisienne décroche nettement de celle de ses voisins et partenaires ; c’est un vrai coup d’arrêt, une chute libre sans palier. Ce déraillement est très largement imputable au mauvais tempo des réformes, notamment celles conduisant à l’alourdissement brutal de la barque fiscale des ménages en début d’année, au moment même où la croissance se dérobait, où les prix du pétrole s’envolaient et pesaient sur le pouvoir d’achat cassant l’élan de la consommation.
Cette séquence n’est que le remake du tournant survenu quand le choc fiscal d’une grande violence a fait déraper le poids des prélèvements obligatoires sur les ménages et les entreprises, au pire moment du cycle économique. Les déboires de l’économie tunisienne ne sont, toutefois, pas dus simplement à l’accumulation de chocs venus de l’extérieur, mais aussi et surtout des erreurs de gouvernance venues de l’intérieur. Ils ne sont aussi que les conséquences de nos dépendances, politique, idéologique et économique. Dépendance économique avec la dette publique exorbitante ; nous fabriquons les moteurs de notre dépendance énergétique, malgré notre pétrole, ou plutôt à cause du pétrole qui nous empêche de développer réellement d'autres opportunités comme le solaire et l’éolien rentable ou encore comme l'hydrogène, que l’on nous dit trop cher et dangereux à produire et à gérer, alors que la réalité nous prouve le contraire ; Dépendance digitale qui nous fait subir ses coûts sans qu'on en tire des avantages autres que ceux de simple utilisateur. Nos experts, formés à l’étranger, ne rompent pas le lien ombilical avec le pays qui les a formés et n’adaptent pas leurs Savoir-Faire aux contexte et besoins tunisiens ; Dépendance industrielle aussi, qui nous fait acheter des produits plus chers, si l'on compte les coûts sociaux de la désindustrialisation.

"On n’est jamais mieux servi que par soit même" nous dit la sagesse populaire. C'est l’adage que nos dirigeants ont pourtant oublié. Nous faisons des ponts d'or pour que l’étranger puisse venir investir en Tunisie en payant moins d'impôts, sans que ce soit bénéfique pour le pays compte tenu du fait qu’en contrepartie, la politique économique Tunisienne n’offre aucun support et appui au tissu économique des PME en Tunisie, ce qui aboutit à désindustrialiser le pays.
Dans un contexte de mondialisation à plusieurs vitesses, il serait temps d'être à la hauteur des ambitions affichées, en conjuguant efficacement les techniques de l'ancien et du nouveau monde. Un nouveau modèle est à définir et à adopter par la Tunisie afin de remédier à tous ces aléas macro-économiques qui la paralysent.

Une visite des quelques crédos économiques dominants, qui prévalaient à la veille de la crise de 2008, nous donnerait toute la mesure de la fragilité des dogmes qui sous-tendent la distribution de blâmes et de satisfécits de la part des grands organismes internationaux. Dans les années 90, la consolidation des finances publiques, devient étendard de la nouvelle doctrine de ‘’ la rigueur=

confiance = reprise’’, avec la baisse des dépenses publiques, notamment celles attenantes au fonctionnement des pouvoirs publics, comme voie la plus efficace pour réduire l’endettement public, et facteur d’accélération de la croissance à court terme. A la fin des années 2000, les multiplicateurs budgétaires font partie des vieilles reliques. En 2010, c’est l’austérité expansionniste avec un seuil d’endettement, 90% empiriquement attesté, à partir duquel la dette publique pénaliserait fortement la croissance potentielle. La Grèce, l’Espagne, le Portugal pour l’Europe, l’Afrique, dont la Tunisie, pour le Tiers Monde, ont testé la rigueur et la dette est toujours là, plus corrosive que jamais. La croissance de son côté, tarde à venir, attendant patiemment que la pilule amère de la rigueur s’interrompe, pour tenter de démarrer. Les Etats-Unis ou le Royaume Uni, quant à eux, sont restés fidèles aux vieux préceptes keynésiens de la politique contracyclique, avec les résultats que l’on sait. Depuis, les organismes internationaux, FMI en tête, ont révisé leur doctrine, mais le mal est déjà fait. Autre chef d’oeuvre économique en péril, la croissance potentielle. Avant la crise de 2008, elle était le point de repère de tous les gardiens de la stabilité dans le monde et notamment la Banque Centrale Européenne, mais aussi le FMI et la Banque Mondiale et ses filiales, le sentier de croissance d’équilibre ; celui qui stabilise l’inflation compte tenu des capacités humaines et techniques disponibles. La croissance potentielle est la boussole des Banques Centrales, selon laquelle, seules les réformes structurelles peuvent modifier le cours de la croissance et le niveau de chômage à long terme. Vouloir forcer la cadence, c’est s’aventurer sur une zone de tous les dangers (inflation, surchauffe des prix d’actifs, des matières premières), et la force de rappel au potentiel ne sera que plus brutale. La Tunisie n’en a eu cure et a commis l’hérésie d’appuyer sur l’accélérateur fiscal, alors que le chômage est à un point très bas.

Autre territoire dévasté de la vision classique, tout le corpus de connaissance qui sous-tend la formation des taux d’intérêt et de l’épargne. Si l’on en croît la représentation en termes de fonds prêtable, il n’y a plus d’incitation à épargner, donc plus de sélection de l’investissement possible. Nous sommes dans un grand n’importe quoi et l’anomalie des taux zéro s’étire dans le temps. A mieux observer l’histoire, on réalise, que les taux ne sont jamais là où ils devraient être, sans qu’influe une quelconque force de rappel. Que dire encore de toutes ces certitudes sur lesquelles il n’y avait pas place au débat ? Les vertus ricardiennes incontestées de l’ouverture des échanges ; notre lecture de l’économie où le cocktail de la concurrence et de la diminution des barrières à l’entrée, l’explosion des start-ups, devaient accélérer les gains de productivité. La crise de 2008, a laissé un véritable champ de ruine cognitif chez les économistes. Face à la débâcle, certains se raidissent dans la posture de la scientificité de la discipline, alors que tout montre que, face à l’incertitude radicale, l’économie produit avant tout des techniques qui peuvent être stabilisantes pendant un temps, jusqu’au jour où elles ne le sont plus.

Monji  Ben Raies
Universitaire, Juriste, Enseignant et chercheur en droit public et sciences politiques,
Université de Tunis El Manar, Faculté de Droit et des Sciences politiques de Tunis.

 

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