News - 19.09.2020

Mise au point de la Banque mondiale à propos de l’article sur le financement des entreprises en Tunisie

L’article de Moktar Lamari publié sur Leaders sous le titre de « Tunisie - Un rapport accablant de la Banque mondiale - Financement des entreprises : un fiasco de la politique monétaire ? » a suscité la mise au point suivante de la Banque mondiale.

L’article cité en objet, exprime une opinion de la politique monétaire en se basant sur des soi-disant faits du rapport « Entreprise Survey ». Le rapport en question et auquel fait référence l’article est une enquête d’opinion auprès d’un échantillon représentatif des entreprise privées qui se concentrent sur de nombreux aspects de l’environnement des affaires. Ce rapport est conduit par le Groupe de la Banque Mondiale, la BERD et la BEI et ne présente aucune analyse ou jugement de la politique monétaire des pays. 

Les faits annoncés dans l’article et attribuant à la Banque mondiale un jugement de la politique monétaire tunisienne sont non seulement fictifs puisque le rapport ne contient aucune analyse (et donc interprétation ou jugement) mais uniquement les réponses des entreprises tunisiennes interviewées, mais est aussi foncièrement trompeur, prêtant à la Banque Mondiale une analyse qui n’a aucun fondement dans les chiffres publiés… La Banque mondiale tient à clarifier que ce rapport n’émet aucun jugement à l’égard de la politique monétaire de la Banque Centrale.

Parmi les éléments trompeurs de l’article, nous notons que l’étude sur laquelle s’appuie l’article ne fait aucune référence au soi-disant « dégâts économiques occasionnes par la politique de la BCT ».

Nous aimerions clarifier que l’accès au financement comme contrainte du secteur privé n’est pas liée uniquement au financement bancaire au sens strict.

Nous aimerions cependant rajouter quelques faits intéressants qui ressortent de cette étude. Les données complètes qui couvrent tous les aspects de l’enquête Tunisie sont publics sur ce lien : https://www.enterprisesurveys.org/en/data/exploreeconomies/2020/tunisia :

La part du financement bancaire des actifs immobiliers a connu une très forte croissance (plus de 50%) en Tunisie comparé à notre dernière enquête (2013) ; cette part est aussi de 50% supérieure en Tunisie que dans les autres pays de la région MENA. Ces faits sont en total contradiction avec la thèse de l’article selon laquelle la politique monétaire de la Banque Centrale donnerait lieu à des effets d’évictions sur le financement bancaire des investissements des entreprises.

Le pourcentage d'entreprises utilisant le financement bancaire pour financer leur fonds de roulement est nettement plus élevé en Tunisie (42%) que dans la région MENA (27%) ou dans le monde (30%).

Le pourcentage d'entreprises disposant d'un compte bancaire est considérablement plus élevé en Tunisie (97.5%) que dans la région MENA (79.5%) ou dans tous les pays disposant de données ES (88.6%)

Le pourcentage d'entreprises dont la demande de prêt a été rejetée est plus faible en Tunisie (6.8%) que dans les pays de la région MENA (12.2%).

L’incidence de la corruption (pourcentage d'entreprises faisant l'objet d'au moins une demande de paiement informel) est plus faible en Tunisie (11.9%) que dans la région MENA (16.5%) ou dans tous les pays du monde couverts par l’enquête (16.3%)

La mesure de la profondeur de la corruption (% des transactions publiques où un cadeau ou un paiement informel a été demandé) est plus faible en Tunisie (10.4%), que dans la région MENA (14.4%) ou dans les tous les pays du monde couverts par l’enquête (12.7%)

Nous tenons à réitérer le respect de la Banque mondiale de toutes les opinions et analyses des domaines liée à l’économie Tunisienne. Ce droit de réponse vise à assurer que les mentions et attribution à la Banque mondiale soient bien précises et rectifiées.

 

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1 Commentaire
Les Commentaires
Mohamed Souheil Haddad - 02-10-2020 09:06

L'analyse de Mokhtar Lamari est correcte. Les conclusions auxquelles il aboutit découlent naturellement des résultats de l'enquête et d’autres faits stylisés concernant le secteur bancaire et de la politique monétaire dans le Pays. Il a dit ce que la BM ne voulait peut-être pas dire publiquement (ou pas du tout), au vu du ton (indument agressif merci) de la mise-au point, mais il n’en demeure pas moins vrai que ce que Mokhtar Lamari a dit est devrait amorcer une discussion, large et honnête sur sujet. L’investissement requiert du financement c’est vrai, mais requiert aussi la production d’idées de projets économiquement rentables en très grand nombre, … et des banques qui savent évaluer et prendre des risques raisonnables, etc. Il faudra un jour se mettre à réfléchir sur le fonds de ces questions sans perdre du temps dans le ‘’finger-pointing’’ stérile. Mohamed Souheil Haddad

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