News - 04.07.2020

Juin en photos: Avant 18 heures de marathon au Bardo…

Tout frais, ils étaient arrivés pimpants, ce jeudi 25 juin, au palais du Bardo, se mettant sur leur trente-et-un pour le grand jour. L’élégance des costumes pour (la plupart) des hommes et le raffinement des toilettes pour (la plupart) des femmes s’apparentent à l’ambiance d’une garden-party dans les jardins de l’ancien palais beylical. Mais, une fois installés sous la coupole de l’ARP, les apparences s’avèreront trompeuses. La courtoisie cédera la place à l’assaut des carnassiers, toutes griffes dehors.

Le bilan d’étape à l’issue des cents premiers jours promis par le chef du gouvernement Elyès Fakhfakh, le jour de son investiture, était très attendu par les députés comme par les Tunisiens. Dès son accession à la Kasbah, sa feuille de route a été complètement changée par la pandémie de Covid-19.

Si elle a surpris l’impréparation des nouveaux gouvernants à l’exercice du pouvoir et révélé tant de fragilité, la crise sanitaire ne peut expliquer à elle seule l’effondrement économique et financier. Encore moins justifier les retards pris dans l’impératif sauvetage de l’entreprise et de l’emploi.

Du redressement promis fin février dernier, Fakhfakh reconnaît à présent devoir se contenter de résistance contre une redoutable dérive. Il devait annoncer ce jour-là devant les élus de la nation un plan de 30 mesures phares. Pris de court, plombé par l’affaire du conflit d’intérêts qui l’accable, désarçonné par les tentatives de torpillage pour le faire partir de la Kasbah, il ne mentionnera que des vœux pieux. Après avoir raté le démarrage.

Cherchant à se dédouaner, dès sa prise de parole, du conflit d’intérêts qui lui est reproché, Elyès Fakhfakh commettra l’impardonnable  en offensant les députés et les Tunisiens, en lançant à ceux qui voudraient lui chercher des poux dans la tête un ostentatoire : « Vous pouvez toujours attendre ! » Les jeux sont faits !

La fraîcheur affichée sur les mines, à l’arrivée dès 9 heures du matin, sera défraîchie à l’aube le lendemain, lorsque Fakhfakh et les membres de son gouvernement quitteront, groggy, le Bardo vers 4 heures du matin. Le marathon aura duré plus de 18 heures (sans compter les pauses). La violence des propos tenus par de nombreux députés nous éloigne d’une piste de course d’athlétisme. C’est plutôt du pugilat en sens unique, où tous les coups sont permis, en sado-macho.

L’autorité du chef du gouvernement est sérieusement entamée. Ainsi va la démocratie directe et immédiate.

 

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