Opinions - 30.06.2020

Mokhtar el khlifi: Conflit d’interêts dites-vous ?

Par Mokhtar el khlifi - Certes, il y aura des commissions ,voire, une saisine de la justice pour savoir si l’actuel chef de Gouvernement tombe sous le coup de la loi qui interdit au responsable politique  d’être en situation de conflit d’intérêt. Pour échapper à cette situation, on lui demanderait de céder les actions qu’il détiendrait ou encore de résilier un marché conclu avec l’Etat alors qu’il était aux commandes du Gouvernement.

On demandera probablement à d’autres responsables politiques d’en faire autant.

Ces solutions, contraires au bon sens, me dérangent et sans avoir l’intention de défendre le Chef du Gouvernement qui pourra se défendre tout seul, je dirais d’aller plutôt au fond des choses et de mesurer les conséquences financières attachées à ces solutions et leur impact sur l’économie.

Il y a d’abord le risque de frapper le crédit de la personne et d’entraver  en outre la marche de l’entreprise.

Mais pourquoi défend-on au responsable politique d’être en situation de conflit d’intérêts ?

On veut préserver les intérêts de l’Etat. L’entreprise pourrait arracher un marché public à un prix exorbitant par le seul fait que le responsable politique pourrait intervenir pour faire pencher la balance en sa faveur. Ce serait là douter de l’honnêteté et de la rigueur des membres des commissions intervenant dans l’octroi du marché, ce qui est  très grave.

Il y aurait également le risque de défavoriser les autres entreprises soumissionnaires pour retenir celle où le responsable politique est actionnaire. En apparence cela est défendable.

Mais, n’y aurait-il pas une autre solution qui préserverait tous les intérêts en jeu  et surtout qui permettrait à l’entreprise de continuer son chemin sans entraves supplémentaires de se développer et de rendre service à l’économie?

Ne voudrait-t-on pas encourager l’esprit d’entreprendre ou veut-on, inconsciemment ou non, le freiner ? Ne devrait-on pas modifier les textes qui réconcilieraient tout le monde a savoir, l’Etat, l’entreprise, la concurrence et l’investisseur ?

Je suggère que la Ministre de la justice crée une commission composée par deux juges dont un spécialiste dans les affaires administratives, un expert comptable  bénéficiant d’une large expérience acquise sur le terrain pendant plusieurs années, et un banquier expert dans les affaires bancaires et financières et de change.

Cette commission aura la charge d’examiner au peigne fin la déclaration à l’INNUCC des biens mobiliers et  immobiliers du candidat à la responsabilité politique lors de sa prise de fonction et à la fin de sa mission et de suivre, au cours de son mandat, surtout l’activité commerciale et financière de l’entreprise dans laquelle le responsable politique a des intérêts.

Si rien d’anormal et d’illégal n’est décelé pourquoi voulez-vous arrêter l’activité de l’entreprise ou pousser l’investisseur à se défaire de son portefeuille ou du marché public que l’entreprise  aurait conclue?

Un texte de loi dans le sens proposé permettrait de dépasser cette question de conflit d’intérêts et faire gagner à un pays à genoux beaucoup de temps.

A bon entendeur salut.

Mokhtar el khlifi

 

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