Opinions - 24.04.2020

Coronavirus : les enjeux psychologiques, les enseignements à tirer, comment évaluer le risque...

Nous sommes le 1er Avril 2020 et la crise du Coronavirus dévaste la planète. Le monde semble être en arrêt et la situation empire de jour en jour. Or, selon certains économistes toutes les crises arrivent du jour au lendemain. Voilà un des enseignements que certains choisissent de tirer de la conjoncture actuelle. Cependant, la surprise générale a été précédée par de nombreux petits appels d’alerte. Ces derniers n’auront malheureusement pas suffi pour attirer l’attention des sociétés occidentales. Alors, comment l’humain en vient-il à paniquer ? Et comment évalue-t-on le risque ?

1. Voir la fumée

Pendant plusieurs semaines, toute la planète a vu la fumée se propager. Les nouvelles venant de Wuhan et plusieurs autres villes étaient pourtant de mauvais augure. Cependant, nous avons tous consenti à voir cette fumée sans réagir comme au cours de l’expérience menée par des chercheurs américains dans les années 60. Cette dernière consistait en la convocation de plusieurs cobayes pour un soi-disant questionnaire sur la vie urbaine.

Dans un premier temps, certains sujets se retrouvent seuls dans une pièce où de la fumée commence à se propager. 9 sujets sur 10 prennent leur responsabilité à deux mains et vont de suite chercher de l’aide afin d’éviter la catastrophe. Dans un second temps, la même expérience est répétée, sauf que cette fois-ci, le cobaye n’est pas seul dans la pièce.

Il se voit entouré d’une dizaine de personnes, bien évidemment complices, qui ne vont absolument pas réagir à la propagation de la fumée. Résultat, 1 sujet sur 10 seulement sort de la pièce pour demander de l’aide. Pour expliquer cela, nous allons aborder trois thématiques en rapport avec la réaction humaine. Premièrement, quand on se retrouve à plusieurs, on ne partage pas la pièce seulement, mais la responsabilité aussi. On attend donc que notre prochain prenne la bonne décision ou que quelqu’un d’autre se manifeste. Pour notre crise, les citoyens écoutant les nouvelles venues de Wuhan à la télévision se disent que si la situation était grave, le gouvernement réagira.

Deuxièmement, nos réalités sont construites socialement. Si mes voisins vont bien, alors je vais bien. Si tout le monde panique dans le métro, je ferais de même. C’est notre entourage qui guide nos réactions. Troisièmement, c’est la peur du ridicule qui accable tous nos mouvements. Si le cobaye se lève pour demander de l’aide et qu’à la fin ce ne serait qu’une fausse alerte, tout le monde pensera qu’il aurait paniqué pour rien. Le cobaye évite donc cette potentielle situation. Même si le danger commence à se faire voir, il y aurait peu de réactions dans la société en l’absence d’initiatives prises par les leaders du groupe. Cette image de « troupeau » est reprise par Nietzsche, qui va jusqu’à dire que « la moralité n’est que l’instinct grégaire individuel ». Avec du recul, on se rend compte que la sensation du ridicule n’est rien quant au risque qu’un immeuble prenne feu. Mais dans le feu de l’action, c’est totalement différent. Par exemple, l’ancienne ministre de santé française, Roselyne Bachelot, avait commandé 94 millions de vaccin contre le virus H1N1 et stocké. Cette mesure préventive sera, ensuite, lourdement moquée et caractérisée comme excessive. Dans notre cas, si aux premières annonces de la crise (vers début janvier), j’annonçais à mon patron mon confinement total et que je serais disponible par télétravail, j’aurais été qualifié de paranoïaque.

2. Stupidité inversée

Dans toutes les sociétés du monde, en situation de pré-crise, nous observons deux camps : Le premier est celui qui regroupe la majorité ; cette dernière veut absolument garder le même rythme de vie et choisit simplement de croire ce qu’elle veut ou en d’autres termes, que tout va bien. Une minorité, bien distincte, choisit quant à elle, de toujours dramatiser la situation. Elle croit à l’apocalypse et que donc tout va mal. Le premier camp pense que le deuxième groupe est formé de paranoïaques. Le deuxième pense que la majorité est inconsciente. Or, penser que l’un ou l’autre ait tort serait complètement faux. Par rapport à notre crise, l’analogie est simple. Certains médias ont toujours tendance à amplifier la gravité des informations dans le but d’augmenter leur audience. Si je crois aux premières alertes, je ne serais autre qu’un naïf et une personne simple d’esprit. Je suis donc confrontée à la pression sociale de ne pas croire à la crise mais aussi à la pression de suivre le groupe social auquel j’appartiens. Cependant, il ne faut pas penser qu’il n’y aura pas de crise car les médias crient au loup comme toujours.

Elizer Yudkowsky, spécialiste de l’IA (intelligence artificielle), explique cette perception dans sa recherche «La stupidité inversée n’est pas de l’intelligence». Il explique que si Staline est une mauvaise personne, alors personne ne devrait être d’accord avec lui. Or, Staline pense que 2+2=4. Si je suis d’accord avec lui, je ne serais pas d’accord avec le concept mathématique mais bien avec Staline qui est une mauvaise personne. Donc je ne suis pas d’accord avec Staline même s’il peut avoir raison. Conclure qu’il n’y aura pas de crise car les médias amplifient les informations est un raisonnement biaisé qui est loin d’être représentatif de la situation. Néanmoins, cela induit que l’humain doit laisser un certain doute planer dans sa tête. Or, nous détestons tous la nuance par nature.

3. Le monde en noir ou en blanc

Par nature, l’humain déteste la nuance. Une crise est donc un moment opportune pour tenter de confirmer une pensée que l’on a déjà établie auparavant. Face aux mesures prises par des compagnies de la Sillicon Valley au début de la crise, interdisant le salut par la main, la presse américaine a trouvé le moyen de crier au scandale raciste et de tourner ces avant-gardistes au ridicule. Mais encore, un sondage du PBS News révèle que 85% des Républicains pensent que Trump gère la crise d’un point ferme contre 83% des Démocrates qui pensent qu’il n’est pas prêt à lutter contre cette pandémie. J’ai essayé personnellement de reproduire la même expérience en Tunisie et les résultats n’en sont pas moins concluants. En effet, 74% des tunisiens sont satisfaits des mesures prises, un chiffre qui nous rappelle très bien le deuxième tour des élections présidentielles en 2019 remporté par Kais Saied. Le sondage a aussi montré que 87% de ceux qui soutiennent le Président de la République pensent que les mesures prises sont satisfaisantes. Un opposant au candidat indépendant a 3 fois plus de chance d’être en désaccord avec les décisions prises par l’Etat (graphique 1 et source).

De l’autre côté de la méditerranée, une vidéo montrant un ministre français en train d’annoncer la stratégie de l’Etat face au virus d’une manière non conventionnelle, a été partagée en masse par deux communautés. La première est française et son but n’était autre que de critiquer le manque de sérieux du ministre et sa mauvaise stratégie de communication. Au rebours, les anglais ont réagi en pointant du doigt le modèle français à suivre ; ils accusent leur gouvernement de manquer de pragmatisme. Comme quoi tout est une question de point de vue… De plus, les médias occidentaux n’ont cessé de crier au scandale durant les mois de janvier et février, dénonçant la maltraitance et la répression subies par les chinois. L’Occident n’a pas manqué l’occasion de critiquer les régimes autoritaires et de scander l’aubaine de la vie en démocratie (renvoi à la théorie de la stupidité inversée, tout ce qui émane d’une dictature est mauvais). Cependant, un pays avec un régime autoritaire comme le Singapour se retrouve classé comme étant un modèle de gestion de la crise. En effet, les mesures strictes du gouvernement sont accueillies avec obéissance par les citoyens ce qui facilite la gestion de la crise. A contrario, on assiste à des scènes de « déchaînement de liberté » dans les pays démocratiques. Il serait courageux de penser que les libertés protègent du Covid-19. Par déduction, cela expose les limites des systèmes démocratiques. La nuance est très fine entre liberté et désobéissance.

Une démocratie a donc l’air trop laxiste à l’opposé d’une dictature qui semble répressive ; mais quel que soit le régime où l’on vit, il faut certainement accepter les décisions politiques majeures car l’évaluation de la situation est une tâche qui nous dépasse. Néanmoins, selon Claude Lévi-Strauss, célèbre philosophe et ethnologue français, ce sont les différences culturelles entre les pays qui créent cette mosaïque de réactions face à la crise et que « le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie ».

4. Que Les humains ne sont pas bons en maths

Les mathématiques ont toujours donné du fil à retordre aux humains. Paul Graham, investisseur en capital-risque et essayiste anglais, a été confronté à ces lacunes dans ces toutes dernières réunions avant le déclenchement de la crise. Je cite « A la première réunion, j’annonce qu’il y a 13000 cas de contamination en dehors de Chine et que ce chiffre double tous les 3 jours. Aucune réaction, tout va au mieux chez l’auditoire. Au deuxième meeting, j’annonce qu’il y aura 1,7 million de cas d’ici trois semaines. Panique générale chez l’auditoire. Ce qui est impressionnant dans tout cela, c’est que les deux phrases veulent dire absolument la même chose » Il explique qu’une personne lambda a du mal à interpréter cette dynamique d’hyper croissance et que ce concept est plus commun chez les personnes travaillant dans la technologie ou la finance. C’est cette mauvaise interprétation de l’information qui aggrave la situation. Plus loin, l’économiste Tyler Cowen, nous explique qu’il y a deux manières de modéliser une crise. La première est la technique nommée « Growthers » : Elle se base principalement sur des calculs mathématiques avancés. Il suffit de prendre les chiffres préliminaires venant des pays les plus touchés comme la Chine ou l’Italie, de calculer l’évolution puis d’extrapoler par rapport au monde.

On en conclut qu’il y aura bel et bien une pandémie. Cependant cette méthode n’est pas applicable partout. Si l’on prend un exemple banal ; le taux d'évolution de la taille de ma petite fille est de 20% pour sa première année. Elle devrait faire 99000m vers ses 20 ans. Cependant, la deuxième méthode est valable quasiment partout. C’est la méthode du taux de base ou la méthode du « Base-rate ». C’est celle qui est le plus communément utilisée. Ses partisans partent du principe qu’une pandémie d’une grande ampleur a très peu de chance d’arriver. Ces derniers n’usent ni de calculs ni de science. Ils ont recours au vécu et au bon sens. C’est cette même méthode qui a été utilisé lors des épidémies comme l’Ebola ou le SARS où l’on a interprété correctement que les taux de contagion s’affaibliront en peu de temps et que les progrès effectués par la médecine depuis la grippe espagnole en 1918 nous permettent de dépasser les crises sanitaires. Comme l’indique un grand passionné de cette méthode, Philip Tetlock, dans son livre Superforecasting, la vie n’est pas une science exacte. Selon lui, un partisan de la méthode du taux de base peut quasiment toujours prédire l’avenir. C’est donc cette méthode qui a été utilisé par la plupart des gouvernements du monde ce qui pourrait expliquer le retard qu’ils accusent par rapport à la propagation du virus.

Avec du recul, il est facile de dire qu’on aurait dû raisonner avec la première méthode, mais la réalité nous apprend que presque personne n’y avait pensé. Plus loin, ce n’est pas aussi évident de prendre des mesures drastiques dans le cadre de l’appréhension de la crise sanitaire sans être sûr du risque pris et des pertes économiques que cela pourrait engendrer. Les décideurs ne veulent pas accuser un retard conséquent par rapport à leurs concurrents et échappent un potentiel sentiment de ridicule. Mais que vaut le sentiment de ridicule face à un potentiel désastre sanitaire ?

5. Une réalité déchirée

Si je suis entrepreneur et que j’ai entre les mains un nouveau projet. Son coût est faible et ses chances de réussir aussi. Cependant, si je réussi mon pari, je gagnerais beaucoup d’argent. J’en conclue donc que je dois tenter ma chance. Si j’échoue, j’aurais tenté ma chance et je n’accuserais pas de grandes pertes. Par contre, si je réussis, on criera au génie. Cependant, je dois toujours garder en tête que les deux scénarios sont possibles et je dois avoir un plan d’action à déclencher en cas d’échec. Pour le Coronavirus la situation est très similaire. Taylor Pearson, un auteur et un investisseur américain, dit que « rien ne m’empêche de me dire qu’il est très probable que l’impact du virus soit modéré et que nos réactions seraient perçues comme excessives tout en prenant les précautions nécessaires et de me confiner si la situation en vient à empirer. » Par analogie, si l’on confine la population, qu’on filtre l’accès au pays en ralentissant l’économie, qu’on bloque les flux dès les premières annonces du virus à Wuhan et que la pandémie s’avère être grave, l’Etat se vantera d’avoir bien géré la pandémie et s’en sortira avec le moindre de dégâts. En effet, si la population se confine avant l’arrivée de la maladie au pays, la situation devient gérable. Dans le cas contraire, si l’Etat choisit de confiner sa population et de prendre les mesures préventives nécessaires et que l’ampleur du virus s’avère être faible, on dénoncera le retard économique par rapport aux pays concurrents et l’incompétence des décideurs. En me lançant dans le projet évoqué au début du paragraphe, je dois être prêt à affronter les deux éventualités : l’échec et la réussite. Un Etat qui prend des mesures préventives pour protéger son peuple doit en faire de même. Par la suite, un plan d’action socio-économique devra être mis en place pour rattraper le retard économique. Toujours est-il que la santé d’une population est l’objectif numéro un d’un Etat.

6. Mouvement de panique

Les économistes disent toujours que la crise arrive du jour au lendemain. Ceci n’est pas anodin d’autant plus que le mouvement de panique survient aussi du jour au lendemain. Le graphique 2 modélise parfaitement cette situation. En effet, deux courbes sont présentes pour souligner le décalage entre le danger perçu et le danger réel. Avant la crise, les deux courbes sont à leur minimum. Le risque d’une pandémie est infime mais il faut tout de même rester à l’affût d’un danger potentiel. Dès les premières informations inquiétantes venant de Wuhan, la courbe du danger réel change son allure pour commencer à évoluer de façon soutenue. Par contre, la courbe du danger perçu (en Occident) stagne jusqu’à ce qu’un évènement spectaculaire déclenche son ascension fulgurante.

En effet, l’annonce de quelques chiffres de contamination ne constitue pas une information spectaculaire, mais la construction d’un hôpital en Chine en 10 jours l’est. C’est ce genre d’évènement qui entraîne la mise en place soudaine de mesures drastiques provoquant la panique générale. Tout d’un coup le danger perçu dépasse le danger réel et le monde devient chaotique. L’économie et la Bourse s’effondrent, les plus démunis se retrouvent au chômage et des pénuries de tous genres apparaissent dues à l’affolement des gens. Par ailleurs, le sondage (graphique 1 et source) m’a aussi permis de déduire qu’en situation de crise, l’Homme devient très méfiant voire paranoïaque. J’ai dû faire face à de nombreuses accusations dont la plus récurrente était d’être un agent du gouvernement. Trêve de mondanité, revenons-en au cœur du sujet. 

Maintenant, il faudra affronter la crise. Son ampleur est proportionnelle au temps de réaction des gouvernements qui est représenté par la zone orange. On parle d’effet d’inertie. Dans une situation parfaite, les mesures prises accompagnent l’évolution du risque de survenance de la catastrophe. Elles devraient être établies au fur et à mesure ce qui limiterait considérablement les dégâts. Un plan d’action de mesures de plus en plus drastiques devraient être déclenché dès l’annonce des premiers cas. Certains pays comme Taiwan, ont appris de l’épidémie dévastatrice du SARS pour établir un plan de la sorte pour les pandémies à venir. On peut souligner encore une fois, que le commun des mortels n’apprécie pas la nuance. Du jour au lendemain, on passe de la vie normale au confinement et nous nous mettions à attendre le défilé de discours à la télévision et le théâtre de sécurité qui va avec.

7. Le théâtre de la sécurité

Généralement, quand on parle de maladies qui ont marqué l’histoire, on évoque par la même occasion des symptômes effrayants. Cependant pour le Covid-19, on a tendance à classer le virus comme proche d’une grippe assez forte vu que ses premiers symptômes ne sont pas spectaculaires. Ce n’est pas la rapidité de la contagion ou la maladie en elle-même qui représente le vrai danger, c’est plutôt le fait qu’on la classe inconsciemment à partir de l’analogie de la grippe. C’est cela qui représente le plus grand danger. Véritablement, aux prémices, nous n’avions pas très peur de la maladie car il lui manquait ce symptôme à caractère spectaculaire qui nous aiderait à la classer inconsciemment comme maladie très dangereuse.

Dans la même veine, pour qu’une mesure marche, elle doit être spectaculaire. Pourquoi commence-t-on à parler de véritable pandémie à la suite de la publication de la célèbre vidéo accélérée de la construction de l’hôpital alors que la crise a été annoncée bien avant ? Pour pallier ce retard, Emmanuel Macron choisit de répéter plus de 5 fois l’expression « Nous sommes en guerre » pendant son discours du 16 mars. Une grippe assez forte aurait du mal à provoquer une guerre. Le Président de la République française tente de substituer l’analogie de la grippe par l’analogie de la guerre qui semble être un point d’encrage pour préparer le terrain à l’application des mesures drastiques. Pendant ce même discours, Macron tente d’expliquer la stratégie qui pourrait permettre à la France de ralentir l’épidémie.

Les français doivent donc aider l’Etat à « Aplatir la courbe » (graphique 3). Le concept de la stratégie est d’étaler la propagation de la maladie dans le temps et de ne jamais dépasser la capacité d’absorption du système sanitaire. Plusieurs spécialistes de la communication ont reproché le fait que la courbe ci-dessous ne soit pas présente dans un coin de l’écran lors du discours. Une semaine plus tard, un nouveau discours du premier ministre rectifiera le tir et montrera le schéma à l’écran, permettant une compréhension beaucoup plus évidente de la situation. On peut en conclure qu’il faut une excellente équipe de chercheurs pour connaître le vrai danger que représente la situation, mais aussi une équipe de communication très qualifiée pour que le message parvienne à l’ensemble de la population.

8. La poudre magique

Tout au long de cet article, on parle de la psychologie humaine et de la stratégie de gestion de la crise. Cependant, il faut bien qu’il y ait des solutions qui aideront les pays à se redresser ou à éviter les prochaines crises. Dan Wang, célèbre bloggeur chinois, affirme que « les Pékinois portent religieusement leur masque. Or les dernières recherches affirment que le port de masque n’est pas nécessaire et qu’il serait plus judicieux de porter des gants. De plus, les gens ne se lavent pas toujours les mains avant de manger ». Cela s’explique par la qualité ostentatoire du masque. Contrairement au fait de se laver les mains, le masque est bien visible.

Si tout le monde en porte un, je suis obligé de me conformer à la pression sociale d’en porter un même si cela n’est pas nécessaire. Que faudrait-il donc faire pour que le geste de se laver les mains devienne un réflexe soumis à une certaine pression sociale ? Stanislas Le loup, spécialiste en marketing, utilise le phénomène de la pression sociale pour créer un nouveau concept qui pourrait changer le monde de l’hygiène. Il propose de créer une poudre noire lavable à l’eau que des volontaires pourront asperger partout dans l’espace public (métro, ascenseur, rampe d’escalier etc…). Cela implique qu’au fur et à mesure de la journée, mes mains seront de plus en plus sales si je ne les lave pas dû au contact permanent que l’on a avec ces objets/endroits. Si l’on y ajoute le fait que la plupart des gens ont tendance à se toucher le visage plusieurs fois par jour et qu’il serait très improbable qu’on se touche le visage ayant les mains noires, le risque de contagion est lourdement amoindri. Mes mains noires seront donc visibles et je serais donc soumis au concept de la pression sociale.

Personne n’apprécierait d’avoir les mains noires et cela provoquera même une certaine satisfaction chez la personne en question, une fois ses mains lavées. Cette solution pourrait être utilisée lors de l’approche d’une prochaine pandémie, mais pour l’instant il faudra combattre celle qui se dresse devant nous.

Hedi Kamoun

Référence:
Marketing Mania, Biais de normalité : Pourquoi on n’a pas vu venir le Coronavirus, YouTube.com. Consulté le 25 mars 2020. Disponible sur : https://www.youtube.com/watch?v=hyEKAMDyECo&t=1535s

France 24, Allocution d’Emmanuel Macron sur le coronavirus Covid19 en France, YouTube.com. Consulté le 10 avril 2020. Disponible sur : https://www.youtube.com/watch?v=u74flIA_bFM

Eliezer Yudkowsky, Reversed stupidity is not intelligence, Lesswrong.com. Consulté le 12 avril 2020. Disponible sur : https://www.lesswrong.com/posts/qNZM3EGoE5ZeMdCRt/reversed-stupidity-is-not-intelligence

Shirin Ghaffary, « No handshakes, please »: The tech industry is terrified from the Coronavirus, Vox.com. Consulté le 12 avril 2020. Disponible sur : https://www.vox.com/recode/2020/2/13/21128209/coronavirus-fears-contagion-how-infection-spreads

Tweet politicien français, Twitter.com. Consulté le 12 avril 2020. Disponible sur : https://twitter.com/adam_tooze/status/1237324797589282817

Laura Santhanam, Nearly half of Americans think Trump is mishandling coronavirus, poll says, Pbs.org. Consulté le 12 avril 2020. Disponible sur : https://www.pbs.org/newshour/health/7-in-10-americans-worry-novel-coronavirus-will-spread-in-their-communities-poll-says

Tweet de Paul Graham, Twitter.com. Consulté le 12 avril 2020. Disponible sur : https://twitter.com/paulg/status/1235247452145451013?lang=en

Tyler Cowen, Bill Gates is really worried about the coronavirus. Here’s why, Bloomberg.com Consulté le 12 avril 2020. Disponible sur : https://www.bloomberg.com/opinion/articles/2020-03-03/how-fast-will-the-new-coronavirus-spread-two-sides-of-the-debate?srnd=opinion

Taylor Pearson, Coronavirus primer for reasonably rational people, Taylorpearson.me. Consulté le 12 avril 2020. Disponible sur: https://taylorpearson.me/corona/

Dan Wang, Covid observations from Beijing, March 11, Dangwang.co. Consulté le 12 avril 2020. Disponible sur : https://danwang.co/covid-observations-from-beijing-march/


 

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