News - 25.03.2020

Hommage à… Manu Dibango, terrassé par le Covid-19

Voilà un « grand » musicien que le méchant virus a terrassé à l’âge de 86 ans… Certes les hommes sont tous égaux devant la mort, mais Manu Dibango que j’ai connu n’est pas un homme comme les autres…

Plus qu’une légende africaine, Papa Manu était un homme ordinaire que sa carrière de 60 ans, que ses succès, que sa fréquention des célébrités, n’ont jamais nui à son amabilité, à sa bonhomie, à son humanité…

J’étais surpris en lisant les « papiers » écrits sur lui par les médias tunisiens de l’absence de référence à « Manu Dibango et la Tunisie ». Ces médias – presse écrite et web – ont simplement relaté l’annonce de sa mort en quelques lignes, du copier-coller. Un seul média a dit qu’il était « l’ami de la Tunisie ». Sans autre précision…
Ah qu’il est dur le métier de journaliste en Tunisie ? Trop fatiguant !

Pourtant, il suffit de travailler – et chercher – un tout petit peu pour rappeler aux Tunisiens qui connaissent ou ne connaissent pas Papa Manu que ce «géant » a créé une nouvelle musique devenue mondiale et qu’il s’est produit plusieurs fois dans notre pays, notamment en 2004 pour célébrer le 40e anniversaire du Festival de Carthage et, après la « révolution », en 2013 pour participer aux festivals de Hammamet et de Carthage. A la suite de cette participation, Manu Dibango a produit un album « A night in Tunisia » (novembre 2013), que personne, évidemment, n’a rappelé… Extrait gratuit à écouter sur Amazon…

Né en 1933 à Douala, au Cameroun, Manu est mort le 24 mars 2019 à Paris du covid-19 qu’il a attrapé le 18 mars…

C'est dans la chorale de l’église, dont sa mère est professeur, qu'il est initié au chant, tandis que le tourne-disques familial lui fait découvrir les musiques d’ailleurs, française, américaine, cubaine…

Avec le certificat d’études, son père, fonctionnaire, l'envoie poursuivre ses études en France.

En 1949, il débarque au port de Marseille, où il est accueilli par son « correspondant », une relation de son père... Il a débarqué, dira-t-il plus tard dans son autobiographie, avec « Trois kilos de café », denrée rare et chère à cette époque, pour payer ses premiers mois de pension…

C'est dans une famille d'accueil (à Sarthe) qu'il passe son adolescence et découvre la culture française. Et le jazz… Il apprend le piano, la mandoline, le saxo…

Il fait la connaissance de son compatriote, le grand musicien Francis Bebey… Ce dernier lui apprend les bases du jazz… Il se produit dans les boîtes de nuit et les bals… Puis dans des orchestres, des cabarets… Il ira même jouer à Bruxelles, où il fait la connaissance d'une artiste peintre et mannequin qu'il épousera…

Il devient chef d'orchestre dans la boîte bruxelloise les Anges Noirs… Son destin prend forme : il est engagé dans l’orchestre de Grand Kallé, un grand musicien congolais de Kinshasa.

Il faut attendre 1972 pour le « big bang » : son pays lui demande de réaliser l’hymne de l’équipe nationale pour la 8e coupe d’Afrique de football qui se déroule au Cameroun…

Il met l’hymne et le grave dans un disque de 45 tours (face A). Mais quoi mettre dans la face B ? Il crée « Soul Makossa »… Une chanson qui va faire le tour du monde…

Samir Gharbi

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