Opinions - 17.03.2020

«C'est parfois la peur de la mort qui pousse les Hommes à la mort», Epicure

Depuis le début de cette année, Il n’y a pas un jour, une heure, où l’on ne parle pas du coronavirus Covid-19 et pourtant en Chine et aujourd’hui dans le monde entier, il ne contamine que peu de personnes, même s’il semble relativement contagieux et le risque de mourir du coronavirus est très faible. À titre de comparaison, prendre sa voiture ou simplement être piéton est plus dangereux que le coronavirus. Mais l'épidémie dont on parle tant, a fait naître ou ressurgir des angoisses viscérales moyenâgeuses, dont la disproportion et la démesure ont conduit à la modification de certains comportements du quotidien des sociétés partout dans le monde. La probabilité que nous croisions un porteur du coronavirus Covid-19 et que celui-ci nous contamine (encore faut-il que l’on soit sensible ce virus, tout le monde ne l’est pas) est très faible, négligeable et le restera, même au pic de la propagation de ce virus. Et pourtant le monde entier à peur, simplement d’attraper un virus parmi tant d’autres, qui n’est pas si grave que cela. Les morts du coronavirus Covid-19 avaient toujours un état de santé qui était dégradé avant d’attraper ce virus. Des gens qui auraient pu mourir, même d’un mauvais rhume.

Aujourd’hui les conséquences du coronavirus Covid-19 les plus graves ne sont pas sanitaires, mais économiques, c’est une « peur de la peur » qui bloque tous nos systèmes sociétaux, financiers, de productions, de transports, d’éducation, …, en nous imposant des choix inclusifs, sans nuances. La maladie fait peur et nous renvoie à nos terreurs archaïques ; de celles qui mobilisent un sentiment de peur irraisonnée et génèrent une tentation de repli, que l’on soit malade ou pas. Il n’y a pas de circonstances atténuantes pour un autre choix. Coronavirus Covid-19 n’a rien à voir avec la peste noire qui a ravagé une partie de l’Europe au Moyen-Age, ni avec le virus de la fièvre hémorragique Ebola (2013). Mais la phobie de la maladie est le propre de l`homme, enlisé qu’il est dans la confusion de l’atavisme de l’espèce et les sables mouvants du doute de l’Au-Delà ; de cet être aveuglé par l`immobilisme du désespoir ; la maladie nous met au centre de la mêlée, au coeur d`une bataille décisive entre « le Bien et le Mal », entre l`humain et l`inhumain ; elle nous oblige à militer dans l`un des deux camps. Au contact des masses dans leur marche en avant, notre adhésion devient impérative. Le mal vient réactiver ou amplifier dans certains cas, une forme d’hypocondrie sévère ; elle réveille surtout chez l’Homme, une peur ancestrale de la contagion et de la mort.

Face à la situation, c’est un ‘’chacun pour soi’’ qui résonne dans les esprits ; dire non à son devoir d’assistance aux plus faibles, dire oui à la fatalité, oui à sa mauvaise volonté. C`est ainsi que les êtres affolés par un mouvement ascendant de masse sont gagnés par la terreur et entrainés corps et âme dans la panique et la résignation.

La foule dans son élan collectif, ne comprend pas l`attitude des êtres timides, frileux et lâches, et dont la manie est de veiller jalousement à protéger leur conscience malheureuse et leur condition sociale mesquine de cette épidémie, qui se propage instantanément, sur le champ, dans tout le corps social. L’intoxication par l’information, engendre une aliénation totale, une souffrance qui prive les individus de leur libre arbitre et de toute action salvatrice. Mais il est clair que l’endoctrinement médiatique fait aussi ressurgir au grand jour la violence et l`égoïsme extrême innés des Hommes, tares qui se révèlent incurables. C`est pour cette raison que la maladie est une aliénation ; elle n`est pas une faute, mais plutôt une situation née dans la conjoncture collective et inspirée par des principes naturels universels. Le déterminisme est impuissant à expliquer la maladie en tant que surgissement, initiative du génie de la nature, inspiration presque divine, qui arrive et repart comme l`éclair et qui nous permet de sauter dans un autre monde, celui de l’après. La discontinuité est irréductible à la répétition, elle est une mutation soudaine qui nous fait renaitre et par laquelle nous retrouvons notre vocation rationnelle. Il n`y a rien de tragique à vouloir un ordre capable de réaliser les conditions de sécurité nécessaire à la précaution salutaire et vitale pour toute communauté humaine. Mais la phobie collective entretenue par les media est une véritable perversion de l`esprit livré à une peur instinctive ; l’adversité pousse la population entravée par la panique, à fuir à l’arrière du front, loin du danger et de l`aventure.

C'est un être affolé qui fait demi-tour, tourne le dos au devenir de la société et de l’humanité ; elle est en proie à la débandade et à la confusion, elle se recroqueville sur soi, se réfugie dans la nuit de sa primitivité et régresse ainsi vers les profondeurs de son passé biologique. La phobie est donc le propre d`êtres frileux et lâches, une capitulation de la civilisation, un aveu d`impuissance et une rupture de notre rapport au monde. Par contre être courageux, c’est résister, refuser d`être neutralisé par la pensée de la fuite ; c’est accepter de rester ouvert sur l`altérité et de faire son devoir humain ; C`est la raison pour laquelle la solidarité est un acte d`indépendance par lequel on retrouve la spontanéité et la dignité à partir d`une conscience bien intentionnée d`aller en avant vers son prochain et de l’aider. Les épreuves de la vie peuvent ainsi briser notre solitude et permettent de rétablir directement le contact avec autrui, si l’on s’en donne la peine ; tout en nous libérant de notre égoïsme et de nos instincts rétrogrades ; elles devraient inaugurer une nouvelle ère de recherche pour un esprit dont le signe est de créer, de construire et d`enfanter dans la joie.

Or il apparait que, depuis les pestes du Moyen Age, les épidémies sont un moyen infaillible de réaffirmer des identités sociales à vocation de suprématie. Cela réactive de nombreuses idées fausses sur autrui et permet de renforcer un sentiment de supériorité d’un groupe social, communautaire ou ethnique sur d’autres. Ces manifestations peuvent être instinctives, comme fuir, ou violentes, sous forme d’agression. Internet joue aussi un rôle crucial dans la propagation de cette psychose. Chacun utilise les croyances populaires pour interpréter d’une façon particulière les événements.

Il demeure que, rationnelle ou non, personne ne peut vivre continuellement dans la peur. Les précédentes épidémies (La grippe espagnole, 1918 et 1919 ; Sras, ou Syndrome respiratoire aigu sévère, 2002-2003 ; H1N1 en 2009 ; Le VIH, apparu à la fin des années 1970, plus de 36 millions de morts, continue d’être un problème majeur de santé publique ; Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) - 2019-2020 ; coronavirus Covid-19, 2020), nous enseignent que, le pic d’attention laisse systématiquement place, au bout de quelques semaines, à une régulation émotionnelle, même si paradoxalement le nombre de cas et parfois de décès, continue d’augmenter. Au fur et à mesure que la connaissance du virus et de ses facteurs risques augmente, l’attention retombe jusqu’à provoquer une forme d’indifférence. Aussi certains comportements excessifs de masse deviennent absurdes, tels que ceux des gens qui, leur salaire en poche, vont piller les rayons des supermarchés et des grandes surfaces. Dans leurs caddies : des pâtes, des conserves, des packs d’eau, du sel, des briquets et de l’eau de javel, de la farine, en quantité excessive, comme si la troisième guerre mondiale allait commencer.

Un autre risque est représenté par un possible emballement de la machine sanitaire, comme ce fut le cas lors de la pandémie H1N1. Les mauvaises nouvelles tombent de jour en jour mais pourtant, les faits mènent à penser que cette épidémie de Covid-19 n’est guère plus grave qu’une grippe saisonnière. Seule l’échelle géopolitique est problématique, due au progrès des technologies de communication représentées par le transport facilité des personnes partout dans le monde. A charge pour les cliniciens la gageure de rassembler des données précises sur les décès imputés au Covid-19 pour opérer un décodage de la situation et surtout dire la vérité sur ce qui se passe. S’il faut se mobiliser, c’est bien plus contre la peur sauvage que contre le virus. D’ailleurs, cette menace sanitaire est largement surévaluée. Avec des données incomplètes venues de Chine, les autorités sanitaires, avec la participation des médias de masse, ont bricolé une menace épidémique sans rapport avec la réalité. Au lieu de privilégier un scénario incertain voire plausible, les autorités ont misé sur un scénario du pire, moins plausible, mais catastrophiste à la « Resident Evil », ce qui correspond à une tendance à l’excès, forte à notre époque. Il est même possible d’expliquer la construction de cette ‘’menace’’ en se référant à quelques penseurs marginalisés, comme Jacques Ellul (historien, sociologue et théologien français ; ouvrage le ‘’Système technicien’’, paru en 1977, chez Calmann-Lévy, réédité en 2004, puis en 2012 aux éditions du ‘’Cherche midi’’.), ou Niklas Luhmann. Dans son ouvrage, J. Ellul suggère que « le système technicien fonctionne à l’aveugle ».

On le constate avec cet épisode sanitaire. L’auteur affirme que nous ne sommes plus une société dominée par l’impératif de production, mais par l’émission, la circulation, les réceptions, l’interprétation, d’informations et de stimuli multiples ; et c’est exactement cela qui achève de donner au système sa constitution. La pandémie de Covid-19 serait alors plus une réaction du système technicien (santé et politique) qu’un fléau viral surdimensionné. Les autorités avaient une alternative ; considérer le virus du Covid-19 comme une forme plus agressive d’un coronavirus ordinaire occasionnant rhumes et grippes ; ou bien le prendre comme une forme moins agressive du terrible virus de 2002 responsable du SRAS. Cette bascule entre deux interprétations change tout, en induisant une cascade de réactions sémantiques dans la chaîne des décisions sanitaires et politiques. Cette chaîne, on le sait, utilise ses codes telle une machine de N. Luhmann pour traduire la capacité des virus de différents lignages à se transmettre d’homme à homme, extrêmement importante pour comprendre le développement potentiel d’une épidémie. Ainsi, à cause de sa simple capacité à se propager chez l’humain en dépit de la barrière des espèces et d’un fort taux de mortalité hypothétique, le Covid-19 (ou un virus semblable) est considéré comme une menace de santé publique globale par l’OMS.

La situation sociétale est grave, le stade 2 étant prématurément activé en Tunisie, et déjà des mesures contraignantes sont déployées ; fermeture des écoles et maintenant, au rythme des événements, la plupart des gouvernorats vont se positionner dans l’expectative de voir des foyers viraux apparaître, occasionnant d’autres fermetures, limitations, inquisitions et interdictions. Partout en Tunisie, on voit des gens paniquer de plus en plus, se livrant à des comportements irraisonnés. Les employés des administrations et autres services publics ont cessé de travailler, occupés qu’ils sont par leurs précautions sanitaires, à effleurer les écrans de leurs smartphones ou à écouter la comptabilité morbide tenue par les différentes radios. Les rassemblements dans un milieu restreint seront bientôt interdits. Il faudra alors fermer les lignes du métro, dans lequel par centaines de milliers des personnes sont confinées dans les rames. Cette affaire va se terminer par une panique collective avec le risque de mettre le pays à l’arrêt. Evènements annulés, prières publiques interdites, marchés désertés, écoles fermées, fermeture des frontières. La contamination par les peurs bureaucratiques va aussi vite que le nombre de cas pathologiques répertoriés. La panique s’étend, comme du reste la durée du Covid-19 dans les espaces télévisés, à toutes heures du jour ou de la nuit.

Depuis le début de la crise coronavirale, les media lancent quotidiennement des chiffres dont la signification n’est pas évidente à interpréter pour les profanes, comme autant d’éléments paradoxaux dans un idiome médical complexe, qui montrent que ces valeurs ne sont pas significatives, tant il est vrai qu’elles ne reflètent pas forcément la réalité. Ainsi, le nombre de cas indique uniquement le nombre de tests réalisés dont le résultat est positif ; et les décès correspondent aux remontées des constats effectués par les équipes médicales avec des distorsions non-significatives. Si on avait effectué la même comptabilité pour la grippe de l’hiver 2018-19, cela aurait donné des centaines de décès, chaque semaine pendant deux à trois mois, et quelques millions de cas grippaux recensés. Nous en sommes loin avec le Covid-19. Les media nous abreuvent aussi de chiffres indiquant la contagiosité et la létalité (mortalité), mais à y regarder de plus près, aucun de ces chiffres n’est fiable ; tout simplement parce qu’ils se basent sur des tests effectués permettant d’apprécier le taux de prévalence du virus dans la population en omettant qu’il est impossible d’obtenir le taux exact. En effet, ces chiffres dépendent du nombre de tests effectués et ne tiennent pas compte des sujets porteurs du virus sans symptômes (les porteurs sains) ou alors modestement affectés, si bien qu’ils restent chez eux et ne se signalent pas auprès des professionnels de santé.

Certes, la létalité est un indice significatif qui permet d’apprécier le niveau réel de la menace pandémique. On sait que le H1N1-2009 fut l’une des pandémies grippales les moins sévères. Bien moins en tout cas que les grippes de 1957 et 1968 qui firent un million de morts. La létalité du SARS-CoV-2 (déc 2019-jan 2020), responsable de la pathologie Covid-19, n’est pas connue avec exactitude puisqu’elle repose sur un ratio entre patients décédés et patients positifs. Au début de la crise Covid-19, les tests n’étaient pas encore produits en grand nombre et les cliniciens ont privilégié les tests sur les décédés, ne pouvant effectuer les analyses sur tous les patients pris en charge par les autorités sanitaires de Wuhan, si bien qu’un chiffre inexact a circulé. Les premières estimations avaient d’abord donné le chiffre de 3, qui a été revu à la baisse (1) depuis les premières estimations.

La létalité pourrait être largement en dessous de 1% s’il s’avérait que le nombre de sujets positifs était sous-évalué. D’ailleurs, le chiffre circulant pour la grippe n’est pas plus fiable, même s’il repose sur une méthode différente d’évaluation. En France, les médecins du réseau sentinelle font remonter les données récupérées dans les cabinets de ville et les établissements de santé. Les constats de décès sont effectués par les médecins légistes. La létalité de la grippe est évaluée avec le nombre de patients ayant présenté des syndromes grippaux pendant l’épisode épidémique. Ces chiffres incitent à être prudents car on n’ose l’imaginer en prenant en compte la majorité des humains enrhumés ou grippés qui passent à travers le radar des tests.

Nous en sommes à quelque 3000 décès causés par le SARS-CoV-2 dans le monde, ce qui n’est pas excessif pour une pandémie ayant émergé il y a un mois. Même en admettant que le chiffre soit sous-évalué, on est loin de la morbidité des syndromes grippaux, avec quelques 8000 décès enregistrés en France en 2018-2019. Et comme pour la grippe, le Covid-19 présente des statistiques cliniques comparables. Les décès augmentent en suivant deux facteurs, l’âge et l’état de santé des patients. Les personnes âgées sont en première ligne, mais les jeunes semblent épargnés par le Covid-19. Quand ce n’est pas le grand âge qui emporte les malades, ce sont les états de santé chroniques. Sont impactés les insuffisants cardiaques, les diabétiques, les hypertendus, les malades respiratoires. En comparaison, la bronchite chronique dite du fumeur occasionne 15 000 décès, en moyenne, par ans. Les informations communiquées par les instances sanitaires manquent donc significativement de précision.

Lorsqu’un patient est déclaré dans un état grave, il est hautement probable qu’il soit parmi des cas de facteurs comorbides et qu’il ne représente que l’un parmi les quelques milliers de patients gravement affectés par une affection respiratoire, voire cardio-vasculaire. Des dizaines de données cliniques sont livrées à la presse sans détails pour les décrypter, les contextualiser et les apprécier. S’ajoute à cela que certains virus comme le SARS-CoV-2, et du reste son homologue de 2003, utilisent une protéine S, qui intervient dans la physiologie vasculaire cardiaque pour entrer dans les cellules, protéine qui pourrait interférer avec le système cardio-vasculaire et le perturber, s’il s’avérait qu’il puisse circuler dans le sang, ce qui reste à établir si une virémie était envisagée. Relativement au volet clinique, un bulletin de l’’’American association of cardiology’’ mentionne que parmi les patients hospitalisés pour cause de Covid-19, 50 % ont une maladie chronique lourde ; et parmi cette moitié, 80% ont une pathologie cardio-vasculaire, voire cérébro-vasculaire. Autrement dit, si le syndrome du Covid-19 est en règle générale une affection respiratoire, les cas graves et les décès pourraient être liés à une pathologie cardio-vasculaire qui pourrait alors être une cause secondaire ou parfois première dans ces décès (comme ce fut sans doute le cas pour le Sars de 2003).

On en est à se demander si, prendre des mesures extrêmes pour tenter de ralentir la propagation du virus est vraiment utile, dans un contexte où ces dernières ressemblent plus à des décisions bureaucratiques, visant à montrer que la machine Etat fonctionne, alors que la propagation ne peut pas être puissamment freinée, sauf en arrêtant totalement la vie du pays. Au final, dans de telles circonstances, ne prendre aucune mesure de restriction serait une décision tout aussi sage. Il serait juste utile de mobiliser les services de soins pour s’occuper des malades, avec des précautions d’hygiène conventionnelle et un peu de bon sens. D’ailleurs, la politique et le bon sens ont parfois tendance à divorcer, au point que l’on n’y comprend plus rien. Certains alarmistes pensent même que le virus peut muter et devenir dangereux. Certes les virus à ARN mutent, parfois rapidement. Il est plausible que cette mutation se produise lors de la phase d’infection cellulaire, avec la participation de l’épigénome de la cellule hôte. Si on considère que la vie repose sur la gestion efficace des informations moléculaires, on peut penser que les cellules auraient tendance à atténuer la virulence d’une particule dans la mesure où elles disposent d’un « arsenal épigénétique sémantique » conséquent. C’est du reste ce mécanisme qui a permis à la vie de s’organiser dans un chaos moléculaire et de se perpétuer à travers les espèces. La science dira, en son temps, si cette hypothèse est exacte. Le H1N1 de 2009 a été moins sévère que celui de 1977, qui était beaucoup moins sévère que celui de 1918.

Il n’est pas impossible que le SARS-CoV-2 soit une réapparition du premier virus de 2002-2003 avec une série de mutations, avec probablement des hébergements dans d’autre espèces, l’ayant rendu plus contagieux, mais moins dangereux. Rien n’est certain, les virus circulent le plus souvent sans être détectés, à l’insu des scientifiques. Les données centralisées sur les génomes viraux du SARS-CoV-2 semblent indiquer une souche commune issue de Chine, puis transmise avec actuellement quelques dix mutations, répertoriées en analysant les séquences récupérées sur les cinq continents depuis trois mois. Il semblerait que le type coronavirus mute bien plus rapidement que la grippe, dont les mutations se produisent à l’échelle d’une année. Les virus circulant en France et en Italie n’ont pas un génome identique et sont différents de celui analysé à Wuhan il y a deux mois. Rappelons que ces résultats relèvent de la virologie et n’indiquent pas l’impact du virus dont l’appréciation est dévolue aux cliniciens, alors que l’épidémiologie mesure avec les statistiques la propagation de la maladie et du virus.

Il semblerait donc que le système n’en fasse qu’à sa tête et il est difficile de voir une armada de cliniciens, intellectuels et citoyens se mobiliser pour freiner cette machine sanitaire et politique lancée à grande vitesse dans des mesures devenues quasi-automatiques ; en d’autres termes, le système technicien d’Ellul suit son cours en toute autonomie. Le progrès technologique et la mondialisation du système de santé crée toutes les conditions d’une surréaction planétaire disproportionnée face à ce virus et c’est ce que l’on constate quotidiennement. La pandémie de Covid-19 aura le mérite de nous renseigner sur l’état des sociétés humaines à l’ère de la domination technique et de la quatrième révolution industrielle. La démocratie est en danger et les peurs climatiques renforcent cette menace. Les citoyens n’ont plus les capacités raisonnables pour résister à ce système technicien planétaire dans lequel ils sont piégés.

Monji  Ben Raies
Universitaire, Juriste,
Enseignant et chercheur en droit public et sciences politiques,
Université de Tunis El Manar,
Faculté de Droit et des Sciences politiques de Tunis.

 

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