News - 18.02.2020

Mohamed Salah Ben Ammar: Le dernier recours!

Les dernières heures ont été riches en revirements. La défunte alliance gouvernementale Ennahdha - Tahya Tounes appelée abusivement gouvernement d’union nationale a franchi le mur du son dans ce domaine. Alors qu’elle mène encore et plus que jamais le pays droit dans le mur et dans une parfaite entente, v’là-t ‘y pas que du jour au lendemain nos amoureux d’hier se mettent à s’invectiver en public.

C’est probablement une des composantes de la fameuse stabilité gouvernementale portée haut et fort au parlement un certain 30 juillet 2018 lors du vote de confiance pour un ministre de l’intérieur! Une comedia del arte.

Inutile de revenir sur leurs explications toutes aussi ridicules les unes que les autres. L’essentiel est que Tahya ayant fait son deuil des élections perdues s’est découvert une nouvelle «idole», le président de la république. Remarquez que politiquement tout sépare Tahya de la vision du président mais ils ne vont pas s’arrêter sur ce genre de détails, la Kasbah vaut bien des allers retours pluriquotidiens à Carthage.

Quant à Ennahdha, n’ayant en tête qu’une idée, décimer la famille centriste, est prête à tous les sacrifices pour s’allier avec Qualb Tounes. Ici aussi vous remarquerez que tout sépare les deux parties, mais pour Ennahdha, il est trop tentant de refaire le même coup qu’en 2012 à Ettakatol, CPR et en 2015 à NIDA et autres.

Article 89 de la constitution comme baïonnette, la guerre de tranchées peut commencer. On peut se le permettre avec un chiffre de croissance à 1% et 650 000 chômeurs nous n’avons aucune inquiétude à nous faire pour l’avenir du pays. Certes et à titre d’illustration après leurs inaugurations en grandes pompes le champ Nawara et la centrale photovoltaïque de Tozeur posent toujours quelques problèmes, certes les accords avec l’UGTT n’ont pas été appliqués et le FMI refuse pour le moment de débloquer les dernières tranches de son prêt. Mais c’est des détails, plus importante est la lecture de l’article 89.
Plus sérieusement notre jeune démocratie est entrain de grandir, le chemin est long vers la maturité, à chaque étape nous allons commettre des erreurs sauf que certaines erreurs pourraient être fatales si elles se reproduisent trop souvent, et c’est le chemin que nous prenons.

Ce que d’aucuns ont appelé impasse constitutionnelle, ne peut se régler en l’absence d’une cour constitutionnelle, mais elle ne verra probablement jamais le jour cette cour car ils n’en veulent pas! Une loi électorale imparfaite débouchera toujours sur des incohérences, par exemple 70% des députés ont été élus grâce aux reliquats des voix ! Sans transparence sur les financements de la vie politique, les valises de dollars continueront à circuler librement! Une presse aux abois financièrement devient une proie facile pour les groupes d’influence, et c’est le cas…Et c’est alors que l’exercice de la démocratie devient un jeu de hasard. Sortent des urnes des aventuriers, des contrebandiers, des repris de justice, des démagogues, des populistes… Nous ne pouvons pas leur laisser le pays.

De mauvaises pratiques ont été instaurées, plus grave, elles ne choquent plus, elles deviennent la norme, chacun y trouve son compte, sauf la démocratie. Comment s’en sortir avant qu’il ne soit trop tard ?

Car quand bien même on réussirait à avoir un gouvernement dans les 48 heures, les problèmes de fond demeureront.

Dans ce contexte modifier la loi électorale puis refaire des élections est probablement la solution la plus sage car, mieux vaut perdre six mois que cinq ans.

Dr Mohamed Salah Ben Ammar

«Précision : Dr Mohamed Salah Ben Ammar n’est ni candidat, ni proposé à aucun poste dans le prochain gouvernement ou hors du gouvernement.»

 

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