Opinions - 22.01.2020

Mokhtar el khlifi: Pour un comité des sages

J’ai réellement peur pour mon pays.

Mon pays ploie sous le poids de la dette publique en dinars et surtout en devises. Les ressources en devises sont à l’étiage et les bailleurs de fonds traditionnels, conduits par le FMI, sont dans l’expectative.

Nous nous sommes engagés à réaliser des réformes que nous n’avons pas voulu ou pu réaliser, d’où la suspension du versement des deux dernières tranches de crédits.

Nos besoins en devises pour le remboursement des échéances de 2020 sont énormes et la dégradation de notre note souveraine ne nous permet pas d’accéder au marché financier à des conditions normales si toutefois on accepterait de nous prêter des fonds.

Ne parlons pas  des autres déséquilibres,  de la pression insupportable des demandeurs d’emploi et  du climat social et politique qui n’est pas au beau fixe.

Qui accepterait de prendre en charge les destinées de ce pays, non pas pour assouvir des ambitions personnelles, mais de remettre un peu d’ordre dans la baraque tout en continuant à consolider le processus démocratique quitte à bruler son avenir politique immédiat  si l’intérêt du pays l’exige?

Le Président de la République qui comme ses prédécesseurs n’a aucune formation économique, a fait son choix sans que nous connaissions ses véritables raisons et la nature des engagements que le Chef de Gouvernement pressenti aurait pris dans les conversations qu’il a eues avec le chef de l’Etat. Nous ne pouvons que respecter ce choix.

Le fait est là et le pays a trop attendu.

Le pays a maintenant une personnalité qui a été chargée de former son gouvernement. Il n’est pas sur le plan économique le meilleur comparé aux pointures proposées par certains partis politiques. C’est une personnalité respectable qui a  ses atouts et ses faiblesses mais qui ne peut, en aucun cas, être parfaite.Ce jugement s’applique bien évidemment aux autres candidatures et ce au vu de la difficulté de la mission.

Le bon sens, la modestie, le sens de la responsabilité et le souci du sacro-saint intérêt général commandent au chef du Gouvernement pressenti de bien définir son programme et de s’entourer d’une équipe en mesure de l’aider vraiment à le réaliser.

La première idée qui me vient à l’esprit est qu’il intègre dans son équipe certaines des pointures qui ont été laissées sur le carreau qu’elles aient été proposées par les partis ou qui se trouvent sur la place et qu’on a ignorées.

Si les orgueils et les égos des uns et des autres ne peuvent être dépassés, le chef du Gouvernement devrait constituer, très rapidement, un comité des sages, non rétribué, qui réunirait ces compétences nationales dont le pays a un grand besoin.

Je n’en citerai aucun.

Ces économistes de divers bords parviendront à s’entendre facilement sur les premières mesures  qu’exige la grave situation du pays et aideront à préparer les rendez-vous avec les bailleurs de fonds.

Ce comité, par ses avis, sera associé à la définition du programme du Gouvernement et au suivi de sa réalisation  en suggérant les correctifs à lui apporter éventuellement.

Je crois profondément que plus d’un avis valent plus qu’un.

Ce comité éviterait certainement au pays les tâtonnements, les mesurettes et  les pertes de temps que nous refusons de supporter après celles des neuf années écoulées sans gros succès.

Mokhtar el khlifi


 

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