News - 27.12.2019

«Algérie, la nouvelle indépendance» de Jean -Pierre Filiu «Jetez la révolution dans la rue et le peuple s'en emparera»

Diplomate, arabisant et auteur prolifique d’ouvrages sur le monde arabo-musulman, Jean-Pierre Filiu (58 ans),   vient de publier au Seuil, un livre intitulé « Algérie, la nouvelle indépendance». L’Algérie est entrée avec « sa mise en mouvement » du 22 février 2019, dans une nouvelle période de son histoire, note-t-il.

«Jetez la révolution dans la rue et le peuple s'en emparera», conseillait le grand résistant Larbi Ben Mhidi avant son arrestation. Face à un régime autiste, les Algériens se sont résolus à une deuxième révolution.Il fallait un élément déclencheur comme en Tunisie. Ce fut l'annonce de la candidature de Bouteflika à la présidence de la République pour un cinquième mandat. Depuis son A.V.C en 2013, il était dans l’incapacité de gouverner et pourtant son entourage avait tout fait  pour maintenir la fiction d’un président en possession de toutes ses facultés mentales. N’étant pas dupe, le peuple a investi la rue. Chaque  vendredi,  les Algériens  vont battre le pavé pour obtenir la démission du président. Ce  sera fait le 2 avril 2019. Mais ils ne s’arrêteront  pas là. Ils réclameront un changement de régime.Jusqu’à aujourd’hui, le mouvement ne présente pas le moindre signe d’essoufflement. Au contraire, il va se radicaliser  et même l’élection du nouveau président dont les contestataires se seraient bien contentés n’a pas suffi à calmer leurs ardeurs «elle réclame aujourd'hui rien moins qu'une refonte  totale sur des bases démocratiques du système en place, depuis la fin, en 1962, de la domination française»
En fin connaisseur de l'actualité maghrébine, «il replace les évènements en cours en Algérie, dans la longue durée de la longue durée de son mouvement national».

Jean-Pierre Filiu, Algérie, la nouvelle indépendance, édit. Seuil 165 pages 14 Euro.
    

 

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2 Commentaires
Les Commentaires
Hassen Zenati - 28-12-2019 16:39

Jean-Pierre Filiu était à Damas plus que "diplomate". Très proche des services français, il était l'un de ceux qui avaient conseillé chaudement l'intervention militaire étrangère en Syrie dans la foulée des mouvements de foules organisés par les adversaires islamistes du régime à partir notamment de la frontière jordanienne. Il pensait alors que le régime syrien tomberait comme un château de cartes en quelques jours sinon en quelques semaines, sans tenir compte ni des capacités de résistance de l'état et de résilience de la classe politique syrienne, ni des rapports de force internationaux dans la région (intervention de la Russie). Il s'obstine encore aujourd'hui, du haut de sa science infuse, basée sur des préjugés puisés dans les arrière-boutiques coloniales, de nous annoncer la chute imminente du régime de Damas, tout comme, en d'autre temps et d'autres lieux, Robert Lacoste, gouverneur général "socialiste" de l'Algérie, partisan acharné de "l'Algérie française", répétait sans arrêt que la "rébellion algérienne vivait son dernier quart d'heure", jusqu'à ce que le FLN impose sa solution: l'indépendance. Filiu partage avec Lacoste la même haine des pays arabes, en particulier ceux qui sont resté debout face à l'offensive néo-conservateurs américains, au nom de la "démocratisation" de régimes en place et autres balivernes cachant mal des visées néo-impérialistes. Il n'est pas loin de penser que les bons pays arabes sont ceux qui auront démantelés en petites entités bantoustanisées, que les bons régimes arabes sont ceux qui se tiennent respectueusement à genoux devant leurs agresseurs, et que les bonnes sociétés arabes sont celles qui auront été ravalées au rang de l'indigénat de sinistre mémoire. L'armée algérienne a fort bien tenu le coup face à une redoutable alliance contre-nature et de pures circonstances entre berbéristes, résidus de feu le Parti communiste algérien (PCA - PAGS), et islamistes radicaux, résidus du Front islamique du Salut (FIS). Leur victoire improbable aurait sans doute rapidement tourné à la guerre civile, les deux partenaires d'aujourd'hui, ennemis de toujours, ne se battant nullement pour le même projet de société. Dans son livre sur l'Algérie, Filiu livre peu d'analyses factuelles (facts analysis). Il assène brutalement à ses lecteurs des opinions toutes faites qu'il présente comme les conclusions d'analyses introuvables. Il est constamment dans le "wishful-thinking", mais, comme dit le proverbe arabe, "les vents ne soufflent pas toujours dans le sens attendu par les bateaux".

Tawfik Bourgou - 30-12-2019 08:44

Les livres de Monsieur Filiu sont rarement dans le désintérêt et la neutralité scientifique. Sa prise de position quasi-militante sur la Syrie avec un passage sous silence de la prolifération du djihadisme sous perfusion étrangère, turque et qatati prouve le manque d'indépendance voire de discernement de l'auteur. Toute son analyse des pseudos révolutions arabes est fausse, du moins sur les dix dernières années. Elles se sont avérées régressives et otages d'un islam politique non fongible dans la démocratie. Dans le cas algérien, il analyse avec la même naïveté un mouvement dont on ne connait pas encore les prolongements extérieurs. A trop vouloir anticiper et orienter on se trompe.

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