Opinions - 31.10.2019

Kamel Chaabouni: Les Palestiniens doivent militer pacifiquement pour faire de l’Etat d’Israël leur Palestine

Pour la majorité des Arabes la terre de la Palestine historique doit retourner exclusivement aux seuls Arabes, musulmans de préférence. Ils ne tiennent aucun compte des millions de juifs israéliens, établis de gré ou de force ou simplement nés en Palestine/Israël depuis 70 ans. Pour mes compatriotes tunisiens, de gauche en particulier, la solution est simple, voir simpliste, seuls les juifs d'origine palestinienne ont le droit de demeurer en Palestine, les autres juifs, même nés en Israël/Palestine doivent rebrousser chemin et retourner dans leurs pays d'origine. Gare à celui qui pense différemment et qui l'exprime publiquement, il s'ouvre les portes de l'enfer, il est frappé d'anathème, insulté, dénigré, et s'il persiste c'est l'agression physique qu'il l'attend. Le libre débat sur la question israélo-palestinienne est hors de question, il n'est pas compris dans les acquis de la Révolution de 2011.

Heureusement, l’État tunisien, n'a jamais eu une conception aussi dogmatique du conflit israélo-palestinien. L’État et les citoyens tunisiens peuvent être fiers d'avoir maintenu et respecté le droit des juifs tunisiens d'être des citoyens à part entière, hormis la possibilité d'être candidats à la présidence de la République. Ce que je regrette personnellement. La Tunisie aime ses juifs et les traite dignement, et la nouvelle constitution de 2014 les protège et garantit leur droit de culte. En effet, parmi les pays arabes, nous sommes le seul pays, avec le Maroc, à respecter les israélites, une minorité honnie, chassée, dépourvue de citoyenneté et des ses droits et devoirs ailleurs. Je suis fier de mon pays qui ne dévie pas de cette politique envers une minorité religieuse dont la vie s'est mêlée à la notre durant deux millénaires, jusqu'à ce que les sirènes du sionisme les appellent à quitter notre et leur chère patrie pour aller s'établir dans l'État d'Israël fondé par une résolution de l'ONU en 1947.

A l'encontre des Arabes grands rêveurs de leur passé glorieux, de  la grandeur de l'Islam des origines, du Califat Omeyyade, de l'Empire Abbasside, des gloires d' Al-Andalus et de la reconquête de Jérusalem par Saladin,  les juifs sont pragmatiques, réalistes et efficaces. Bien qu'ils aient rêvé pendant 19 siècles en répétant " l'an prochain à Jérusalem ", ils ont œuvré pour réaliser leur rêve, progressivement, sûrement et effectivement. Ils ont immigré en masse vers la terre de Palestine. Ils ont acheté, des terres aux palestiniens en les alléchant par des prix mirifiques et en occupant d'autres par la force !

En effet, le 29 novembre 1947, l'Assemblée Générale de l'ONU a adopté, la résolution 181 (II) dans laquelle elle approuvait un Plan de partage de la Palestine sous mandat britannique. La résolution de l'ONU prévoyait la fin du mandat britannique, le retrait progressif des forces armées britanniques et la création des États arabe et juif qui devait intervenir le 1er octobre 1948. La Palestine est ainsi divisée en huit parties : trois devaient devenir des divisions juives et trois des divisions arabes. La septième, la ville de Jaffa, devait devenir une enclave arabe à l’intérieur du territoire juif. Un régime international est prévu pour Jérusalem, qui était la huitième division.

L’Agence juive s'était empressée d'accepter cette résolution bien qu’elle ne fût pas satisfaite de la solution apportée à des questions comme l’immigration juive d’Europe et les limites territoriales imposées à l’État juif proposé. Alors que les Palestiniens et les États arabes, l'avaient rejeté d'un revers de main. Ils ont fait valoir que le plan de partage violait les dispositions de la Charte des Nations Unies reconnaissant à chaque peuple le droit de décider de son propre destin. Ils ont déclaré que l’Assemblée avait approuvé le Plan dans des circonstances qui ne faisaient pas honneur à l’Organisation des Nations Unies et que les Arabes de Palestine s’opposeraient à tout plan prévoyant la dissection, la ségrégation ou le partage de leur pays, ou accordant des droits et un statut spéciaux et préférentiels à une minorité. Encore une fois, les Arabes et les Palestiniens ont pris à la légère une décision de la communauté internationale et l'ont tout simplement rejeté sans mesurer les conséquences désastreuses sur les plans politique et géographique que ce rejet allait avoir sur leur avenir et celui du peuple palestinien.

Le 14 mai 1948, le Royaume-Uni mit fin à son mandat sur la Palestine et dégagea ses forces. Le même jour, l’Agence juive proclama la création de l’État d’Israël sur le territoire qui lui avait été alloué aux termes du Plan de partage. De sanglantes hostilités éclatèrent immédiatement entre les communautés arabes et juives. Des troupes régulières des États arabes voisins pénétrèrent sur le territoire pour venir en aide aux Arabes palestiniens. Les combats prirent fin après plusieurs semaines lorsque le Conseil de sécurité proclama, le 29 mai 1948, une trêve de quatre semaines. A cette époque, Israël contrôlait une bonne partie du territoire qui avait été alloué à l’État arabe dans la résolution relative au partage, y compris la partie occidentale de Jérusalem. L’Égypte et la Jordanie administraient respectivement les autres secteurs de la bande de Gaza et la Rive occidentale du Jourdain (y compris le secteur oriental de Jérusalem, la vieille ville). De nouveaux combats ont eu lieu en octobre 1948 et en mars 1949, à l’occasion desquels Israël s’est emparé de différentes zones dont certaines étaient allouées à l’État arabe. En 1950, la Jordanie soumit officiellement à sa juridiction la Rive occidentale du Jourdain (et le secteur oriental de Jérusalem) en attendant une solution au problème.

Le 11 mai 1949, Israël est devenu Membre de l’Organisation des Nations Unies. Les Palestiniens ayant rejeté le plan de partage, voulant tout ou rien, n'ont plus rien! Même leur présence sur les terres palestiniennes restait précaire et fragile du fait qu'elle ne s'adossait pas sur l'existence d'un État doté d'une armée. Les Palestiniens sans le vouloir et le savoir ont remis leur sort et leur destin aux mains de l’État d'Israël. Leur sort est scellé ! Les pays arabes se sont progressivement dégagé de leur cause, devant les défaites qu'ils ont subies de l'armée israélienne dans les guerres de 1948, 1956, 1967 et 1973. Les juifs pour leur part, devenus israéliens, progressaient dans leur projet sioniste. Partis de rien ils ont maintenant un État de plus en plus puissant, qui se dotera de l'arme nucléaire, avec l'aide de la France, en 1956. Aujourd'hui Israël disposerait de 100 et 175 têtes nucléaires. d'une défense moderne qui produit et utilise à large échelle des drones. C'est un État très puissant militairement, économiquement, scientifiquement et technologiquement. Israël frappe qui il veut, où il veut quand il veut. Les gouvernements tunisiens successifs à plusieurs reprises , sans aucune riposte, les foudres du Mossad.

Avant même l'occupation définitive le 5 juin 1967, de ce qu'il restait de leurs territoires par Israël,  un rappel au réalisme politique fût adressé aux palestiniens par le président Bourguiba. Dans un  discours historique adressé aux palestiniens le 3 mars 1965 à Jéricho, le Président Bourguiba leurs avait conseillé de procéder par étapes dans leur combat national en acceptant le plan partage de la Palestine historique défini par la résolution 181 de l'ONU. Dogmatisés et fanatisés par les discours du Président Jamel Abdennaseur, les palestiniens ont fait la sourde oreille à ses propos, accusant Bourguiba d'être un traître et un suppôt du colonialisme. Ils préféraient attendre une hypothétique  "libération de toute la Palestine" par je ne sais quel coup de baguette magique !!!

Les Palestiniens, avaient encore raté une occasion d'avoir leur État  Indépendant. Au sommet pour la Paix au Proche-Orient de Camp David (Camp David II) qui s'est tenu en juillet 2000 aux États-Unis, en présence de Bill Clinton, président des États-Unis, de Ehoud Barak, Premier ministre de l'État d'Israël et de Yasser Arafat, président de l'Autorité Palestinienne. Arafat avait refusé catégoriquement tout partage de souveraineté sur Jérusalem. Toutefois, Arafat n'était pas Bourguiba qui aurait accepté immédiatement les résultats de ces nouvelles négociations vu le rapport de forces favorable aux israéliens.

En 2018, soixante dix ans après la résolution 181 de l'ONU accordant le droit aux Juifs et aux Arabes de créer leurs États respectifs, les Palestiniens demeurent au point mort. Loin de faire avancer leur cause, leur espoir d'avoir un État,  souverain, indépendant et libre défini par les frontières existantes au 4 juin 1967 s'éloigne et se transforme en mirage. Ils demandent amèrement à la Communauté Internationale, ce que l'ONU leurs avait affablement accordé en 1947. Mais au cours de 70 ans, Israël, grâce à son agressivité et son courage, s'est agrandi territorialement et renforcé démographiquement. Il est en position de force inébranlable, il n'est pas prêt à faire la moindre concession aux palestiniens ! Il est hors de question pour Israël d'accorder un État aux palestiniens doté d'une armée, d'une monnaie ou d'une souveraineté plénière sur ses frontières terrestres, maritimes et aériennes. Il est révolu le temps ou les Palestiniens pouvaient obtenir des concessions de la part des travaillistes Israéliens comme Shimon Perez, Isaac Rabin ou Ehoud Barak. Israël est aujourd'hui aux mains de la droite représentée par le parti Likoud, allié à l’extrême droite. Il fait une politique de conquête de ce qui reste des territoires occupés de Cisjordanie. La majorité des Israëliens sont acquis à la droite.  A chaque gesticulation palestinienne ou arabe, Israël répond par davantage de colonisation de territoires et la construction de nouveaux logements pour implanter davantage de juifs. Le 6 décembre 2017,  le comble est atteint, El Qods est reconnue par les États-Unis comme capitale éternelle de l’État d'Israël.

Israël accepte théoriquement la création d’une entité palestinienne — et même un État — constituée de parcelles sans continuité territoriale  à Gaza et en Cisjordanie, mais réclame sa «démilitarisation», un contrôle de son espace aérien et de la vallée du Jourdain, bref un mini-État (ou un semblant d'État) au pouvoir partiel dans les domaines de la défense, des affaires étrangères, de l'économie, de l'eau, etc.  Autrement dit, le gouvernement veut imposer aux Palestiniens une sorte de «bantoustan» qui n’aura aucune légitimité à long terme. Cependant, les Palestiniens, pour leur part, veulent créer un véritable État souverain, sans aucune restriction, et viable au plan économique. En fait, Israël voudrait bien perpétuer indéfiniment le régime d’autonomie actuellement en vigueur, alors que l’Autorité palestinienne a toutes les apparences d’un État, sans en avoir les compétences. Dans l'état actuel des choses, les Palestiniens sont très loin d'obtenir un État et le gouvernement israélien leur a même fait savoir qu'ils ne l'auront pas.

Les Palestiniens doivent dans ces conditions, enterrer leur rêve d'un État palestinien transformé, en raison de leur dogmatisme, en mirage. Ils ont raté cette opportunité en 1947 en refusant la résolution n° 181 de l'ONU divisant la Palestine historique en deux États juif et arabe. Ils ont raté une deuxième chance quand, le 3 mars 1965 à Jéricho, Bourguiba est venu les conseilleur d'accepter le plan de partage de l'ONU. Mais les palestiniens voulaient récupérer la totalité de la Palestine sous mandat britannique et jeter les juifs à la mer ! Ils avaient sous-estimé les juifs. Le rêve d'un État Palestinien souverain et libre se brise sur le roc israélien de l'égoïsme, du fanatisme et de l'intolérance. Les palestiniens ont tout essayé pour vaincre la machine de guerre israélienne. Ils sont passés de la guérilla des Fedayins qui s'attaquait aux forces armées israéliennes, aux attentats terroristes, beaucoup moins justifiables car ils visaient les civils. Leur combat a pris la forme ensuite de soulèvements populaires ou Intifadas pour finir par des agressions désespérés à coup de couteaux. Israël a su à chaque fois trouver la parade et réduire l'effet de ces actions. Il répond par davantage de répression, d'assassinats, d'arrestations et d'emprisonnement, aujourd'hui 6000 palestiniens croupissent dans les prisons israéliennes. Le gouvernement israélien fait une plus large utilisation de la détention administrative, sans inculpation ni jugement. La détention administrative est largement exploitée par l’armée israélienne contre les Palestiniens vivant en Cisjordanie occupée. Des centaines de Palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes, sans accusation ni procès.

Aujourd'hui, les palestiniens sont affaiblis et en total désarroi. La cause palestinienne doit faire sa révolution interne, les Palestiniens se doivent de renouveler leur discours, leur stratégie, leur vision du conflit avec les juifs, et revoir leurs moyens de lutte.

Que doivent faire les palestiniens ? Quelle réponse doivent-ils apporter à l'arrogance de l’État d'Israël qui refuse de leurs rétrocéder la totalité de leurs territoires occupés en 1967 ainsi que la partie Est de Jérusalem ? Les palestiniens doivent-ils abandonner l'idée d'un État souverain en s'accrochant à la solution des deux États ? Cette option, est définitivement enterrée; Israël n'acceptera plus la formation d'un État souverain, tout au plus elle consentira à un État sans souveraineté plénière, un État croupion qui n'exercera sa souveraineté ni sur ses frontières maritimes,ni sur frontières terrestres ni sur ses frontières aériennes, un État sans armée, sans monnaie nationale.

Transformer l'Organisation de Libération de la Palestine en un grand parti politique '' Le Parti national palestinien '', n'est-elle pas une alternative révolutionnaire ? N'est-ce-pas là une option plus judicieuse que celle des deux États. L’État qui serait accordé en fait par Israël aux palestiniens, derrière lequel ces derniers s'accrochent actuellement, ne serait qu'un État "cul-de-jatte, inféodé, soumis, sans dignité, sans souveraineté réelle ! Un parti qui rejetterait la solution des deux États et qui s'attacherait que la Palestine soit une et indivisible. Un État unique, que les juifs appellent Israël et les palestiniens Palestine ?  A l'instar de l’Égypte qui s'appelle ainsi pour les Occidentaux et "Misr" pour les Arabes, de l'Autriche que les Arabes appellent "Nemsa". Un pays peut en effet avoir deux noms, où est le problème ? L’État D’Israël/Palestine privilégié d'avoir deux identités, deux peuples, deux langues, plusieurs religions, mais un seul gouvernement composé de juifs de chrétiens et de musulmans. Beaucoup de pays en donne l'exemple, la Suisse, la Belgique, etc.

"Le Parti National Palestinien" envisageable doit pour mener sa stratégie de conquête, s'inscrire dans la politique israélienne, renoncer à toute forme de violence qu'elle qu'elle soit. Même le jet de pierres doit être banni pour ne laisser aucun alibi aux Israéliens. Les manifestations, les contestations doivent être totalement pacifiques ! En effet,  plus on use de la force contre l’État israélien plus celui-ci accroît ses capacités militaires et policières. Combattre Israël pacifiquement, ne lui laisse aucun alibi, l'affaiblit et apaise ses citoyens qui renverront aux parlements des députés plus enclins à la conciliation et à la paix. Le  Grand Parti National Palestinien que j'appelle de mes vœux, doit participer aux élections israéliennes afin renvoyer de plus en plus de députés palestiniens au Knesset. Des députés y siègent déjà. Ils sont libres de s'exprimer mais ils sont expulsés quand ils troublent le calme de l'audience, c'est dommage ! Ce parti doit considérer que si L’État d’Israël est celui des juifs, il est aussi celui du peuple palestinien, musulmans et chrétiens confondus. Un premier jalon est déjà posé dans le futur État Israël/Palestine,  l'arabe et l'hébreu y sont déjà deux langues officielles.

Cette vision est une vraie révolution pacifique dans les rapports conflictuels entre juifs, musulmans et chrétiens. Il s'agit d'une révolution dans la stratégie du combat. Ce combat doit être exclusivement pacifique, ayant  pour objectif de renverser radicalement la donne, de bouleverser complètement les mentalités politiques sclérosées des Israéliens et des Palestiniens. Elle permettra aux Palestiniens de devenir les maîtres de leur cause. Elle leur donnera l'initiative dans le combat visant à conquérir la plénitude de leurs droits en tant que citoyens israélo-palestiniens!  L’État d’Israël, débarrassé de la phobie d'avoir un État palestinien, fussent-il vassal sur ses flancs, se verra astreint à trouver des solutions aux défis et aux problèmes que leurs poseront inévitablement les requêtes des Palestiniens exigeant des droits identiques à ceux des citoyens israéliens.

Cette stratégie mettra en porte à faux les israéliens et les contraindra à révéler leur vraie nature. Si l’État d'Israël refuse d'accorder des droits identiques à ceux accordés aux Israéliens sur les plans civiques, politiques, sociaux, économiques et culturels  il apparaîtra au grand jour comme un État d'apartheid, un État raciste et xénophobe. Un État qui aura le visage de l'Afrique du Sud jusqu'en 1991. Mais les palestiniens doivent être très endurants, persévérants et persistants. Ils doivent attendre patiemment dans le pacifisme le plus total à la manière du Mahatma Gandhi, le changement des mentalités chez le peuple juif. Les générations futures d'israéliens  finiront inéluctablement par changer leur manière de raisonner et d'agir. Cela prendra peut-être un siècle, mais les palestiniens ne doivent jamais quitter leur pays, y demeurer, s'y accrocher malgré les humiliations et les injustices commises par leurs oppresseurs.

Dans son allocution devant le Conseil National Palestinien le 14 janvier 2018 tenu à Ramallah, Mahmoud Abbas avait reconnu l’immense faute commise dans le passé par les Palestiniens en disant:    " Nous sommes là et nous y demeurons, nous ne répéterons pas les mêmes erreurs qu'en 1948 et 1967". De quelles erreurs s'agit-il ? Il s'agit assurément pour des milliers de palestiniens d'avoir quitté leur pays, suite à l'invasion par les forces armées juives de leurs terres. Abbas se rend compte tardivement, que le plus important, dans un conflit opposant deux populations pour un territoire, c'est le fait  d'y demeurer, de s'y accrocher quel qu'en soit le prix à payer. Toute population qui choisit, même sous la contrainte physique ou en raison des massacres, de quitter le territoire du conflit est nécessairement perdante. Elle se retrouvera concentrée dans des camps de réfugiés de pays étrangers à quémander l'aide internationale. Les pays d’accueil, fussent-ils arabes refuseront de les intégrer, de les naturaliser et de leurs accorder les mêmes droits que leurs nationaux. Les États Arabes ne sont pas très accueillants pour les Palestiniens. Ils n'accordent que parcimonieusement leurs nationalité aux autres "frères" Arabes et surtout pas aux Palestiniens.  Ils refusent de les intégrer et de les assimiler. Le Liban, à titre particulier, interdit aux réfugiés palestiniens d'exercer plus de 50 métiers ! Heureusement les pays démocratiques occidentaux, ouvrent leurs portes aux réfugiés, en leurs offrant l'asile politique, en les intégrant ensuite et enfin en les naturalisant sans condition de stage qui est la période passée dans le pays d’accueil, avant la demande de naturalisation par le requérant. Ainsi stipule l'article 19 du Code civil français, par exemple.

En 2017, Israël comptait 8 700 000 habitants, dont 6 500 000 (74,7 %) sont Juifs et 1 800 000 (20,8 %) sont Arabes . Quant aux territoires occupés de Cisjordanie, ils comptent 4 900 000 habitants. Le territoire de Gaza compte 1 500 000. La population totale de toute la Palestine historique est donc 17 700 000 individus dont 8 200 000 Arabes et 6 500 000 juifs. Les Israéliens juifs sont minoritaires. La solution des deux États, dont l'un palestinien, totalement indépendant d'Israël est contraire aux intérêts du peuple palestinien, elle divisera en deux leur pays pour toujours. Les Palestiniens, n'auront plus accès aux anciens territoires palestiniens sur lesquels s'est formé l’État d'Israël. En revanche, en intégrant l’État d'Israël et en le considérant comme le leur,  les palestiniens effectueront une révolution stratégique. La mutation de l'OLP en un Grand Parti National Palestinien, et le renoncement intégral à toute forme de violence de la part des palestiniens, renforcera la confiance mutuelle entre les deux peuples et permettra entre eux une coexistence pacifique progressive. Les Palestiniens participeront aux élections législatives et emporteront  au moins la moitié des sièges. Le clivage politique ne se fera plus sur la base ethnique ou religieuse, il se fera progressivement sur une base politique, droite/gauche. Les électeurs Juifs ou Arabes voteront graduellement sur la base de programmes politiques et idéologiques et non plus sur la base d'appartenances ethniques ou religieuses.. On verra ainsi des palestiniens voter pour des députés de gauche israéliens et refuser leurs voix à des candidats palestiniens de droite.

En renonçant au fantasme d'un État Palestinien indépendant, qui ne sera finalement qu'un État vassal à Israël, les Palestiniens œuvreront à l'émergence dans quelques générations d'un État, démocratique, laïque, un État mixte, métissé,  binational, ayant deux cultures, plusieurs religions, mais un État unique et un pays indivisible.  Au fil des années et des siècles, l’assimilation mutuelle des peuples israélien et palestinien deviendra inéluctable, la paix et la prospérité régneront en Palestine/Isaraël et dans tout le Proche-Orient.

Kamel Chaabouni
Avocat
 

 

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2 Commentaires
Les Commentaires
tounsi blid - 01-11-2019 08:54

Parce que la Liberte n, a pas de prix Les Palestiniens doivent enfanter les combattants qui les libereront demain..... Et quand les generations israeliennes futures preferont vivre ,riches et en paix a l, etranger plutot que d, avoir a se battre perpetuellement et perdre inutilement leurs enfants.... ce legitime combat deviendra realite! la superiorite technologique militaire ne suffisant plus a cacher cette lassitude du citoyen israelien qui sera pret a faire des concessions aux arabes pour vivre convenablement.....

jean-michel dou - 01-11-2019 20:32

Ce que vous dites est très intéressant mais malheureusement irréaliste. Les 2 communautés et voisins ont chacune leurs raison pour détester l'autre. Les Musulmans prétendent qu'ils étaient les occupants chassés par les nouveaux venus d'Europe pour coloniser leur pays. Les Juifs disent que chassés il y a 2000 ans, ils reviennent à la maison. Le territoire situé entre le Jourdain et la mer s'appelait avant 1948, la Palestine. Il y avait donc des Arabes palestiniens (Musulmans pour la plupart) et des Juifs palestiniens, vivant depuis 2000 ans sur leur terre sacrée. Dès le vote de l'ONU annonçant la partition (territoire Arabe et territoire Juif, les pays voisins ont déclaré la guerre au nouvel état qui a choisi de s'appeler Israël. La guerre a été perdue et bon nombre de Palestiniens, sur les conseils mal avisés par leurs coreligionnaires quittèrent leurs terres en espérant y revenir un jour. Ce fut une utopie. Jamais un vainqueur d'une guerre ne ferait pareil cadeau. A ce moment là, les pays arabes du Moyen Orient se sont vengé sur leur propres citoyens juifs qui à leur tour plièrent bagage pour se réfugier dans le nouvel état juif. En Afrique du Nord, dès la fin de la colonisation française, ce fut pareil à l'occasion de la guerre de 67. En Tunisie particulièrement, malgré la protection de Bourguiba, la population juive prit peur et quitta le pays pour se réfugier en France, aux USA ou en Israël... Pour revenir à ce qui se passe actuellement, je trouve quand même osé de la part des Palestiniens de déclarer qu'aucun juif ne pourra habiter dans les territoires palestiniens quand (ou si) la paix reviendra. Les Palestiniens Israéliens vivent à peu près normalement dans un état où ils représentent une minorité, même si elle est importante. Rien à voir avec la condition de Dhimis qu'ont subi les Juifs dans les pays Musulmans. Le jour où une génération de Palestiniens pacifiques prendra le pouvoir, tout sera permis: l'établissement de Juifs en Palestine avec la nationalité Palestinienne , des synagogues en terre d'Islam... Je pense que c'est possible et souhaitable. Il faut juste que cette condition de Dhimi soit bannie à tout jamais des textes sacrés du Coran, comme on fait les Chrétiens quand ils ont supprimé la notion de Juifs perfides ou de peuple déicide. Je suis un peu d'accord avec vous: il faudra du temps, beaucoup de temps. Encore 2 ou 3 générations et les Juifs vont se sentir tout à fait en harmonie avec les voisins Arabes et en particulier les Palestiniens. La confiance reviendra et la paix sera une chance qu'il ne faudra pas gâcher pour ce Moyen-Orient meurtri. Juste un dernier mot: l'exemple du Liban est excécrable: ce pays multiconfessionnel est ingérable. Jamais les Israéliens n'accepteront un seul état où ils seront minoritaire. Il faudra donc trouver une solution à 2 états vivant en paix côte à côte. Le Palestiniens ont un point commun avec les Israéliens: ils ont beaucoup souffert...c'est peut-être ce qui les sauvera.

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