Blogs - 02.11.2019

C'est bien de parler de la Palestine, c'est bien mieux de s'attaquer aux vrais problèmes des Tunisiens

Jamais le Tunisien n'aura eu aussi peur qu'en cet automne. Peur pour sa famille, ses enfants, son salaire ou sa pension de retraite et son pays. Peur aussi de cette ambiance oppressante de fin du monde dans laquelle il vivait depuis la mort de Béji Caïd Essebsi. Il est vrai que dans la grisaille des mauvaises nouvelles, il était bien difficile de puiser des raisons de se rassurer depuis qu'il avait perdu cette figure tutélaire que représentait pour lui l'ancien président.
Avec le temps, on a fini par en faire son deuil, d’autant plus que les élections pointaient à l’horizon. Trois consultations à la file pour décider de l’avenir de notre pays, scrutées par des milliers d’observateurs et trois cents millions d’Arabes envieux, sevrés de démocratie depuis des générations pour se retrouver avec une chambre introuvable, émiettée, où le premier parti n'a recueilli que 20% des sièges d'où l'impossibilité de former un gouvernement à moins d'un sursaut patriotique et un président atypique. On aurait voulu se compliquer l'existence, on n'aurait pas réagi différemment.

Inconnu au bataillon il y a quelques mois, le nouveau président Kaïs Saïed l'emporta largement avec 72, 71% des voix pratiquement sans avoir mené campagne et sans««ceinture politique». Juriste, Saïed est entré en politique sur le tard. Très vite, il s'est taillé une belle réputation grâce à ses analyses, sa force de conviction, mais aussi sa diction, sa voix de stentor et  son vocabulaire châtié qui nous rappellent les tribuns orientaux qui enflammaient les foules dans les années 60.

De toute évidence, Saïed croit à la magie du verbe et entend en user autant que possible. Puisse-t-il en faire bon usage. Car on préfère qu'il s'adresse à notre intelligence et non à nos sentiments, de prendre exemple sur Bourguiba plutôt que sur Nasser. Malheureusement, ses débuts n'incitent pas à l'optimisme.

C'est bien de se mêler à la population, d'aller au café du coin, de refuser de s'installer au palais de Carthage et de prononcer de beaux discours pour défendre les causes justes, notamment la question palestinienne. Ce serait bien mieux de donner la priorité à nos problèmes économiques totalement absents dans les deux interventions de Kaïs Saïed, de revigorer les Tunisiens et de les sensibiliser à la citoyenneté et à la valeur travail. Après tout la Palestine peut compter sur les pays arabes et tous les peuples épris de liberté et de justice et ce n'est pas l'apport de Tunisie qui va faire pencher la balance en sa faveur

Avec ses fragilités, notre pays ne peut pas lutter contre toutes les injustices du monde. Soulever aujourd'hui cette affaire en ce moment relève du donquichottisme.

Hédi Béhi

 

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8 Commentaires
Les Commentaires
HASSEN ZENATI - 02-11-2019 10:23

C'est bien de critiquer le président. C'est encore mieux de le faire à visage découvert. Quant à la Palestine, ce n'est pas seulement une "affaire", c'est une cause arabe par excellence. Elle est essentielle pour le monde arabe et donc pour la Tunisie. Il ne s'agit pas de donquichottisme, mais de résistance. Il était bon que Kaës Saëd le rappelle à l'uabe de lère nouvelle qui s'ouvre en Tunisie, et qu'il déclare de "haute trahison" toute tentative de "normalisation" entre la Tunisie et l'état d'Israël. Il faut vite une loi pour cela. Comme il a bien fait de distinguer entre juifs, avec lesquels le peuple tunisien n'a jamais eu de problème, et sionistes, qui sont à l'origine de l'usurpation d'une terre arabe depuis des siècles. Le défunt président algérien Houari Boumédiène disait : "je suis avec les Palestiniens offenseurs ou offensés", la Tunisie, la majorité des Tunisiens le vivent ainsi, sera, il l'espèrent, "avec les Palestiniens offenseurs ou offensés", jusqu'à ce que leurs droits leurs soient rendus sur la terre de leurs ancêtres. Ils disent non à la soumission aux diktats sionistes.

Ali - 02-11-2019 11:31

Que les populistes arrêtent de nous soûler avec la cause Palestinienne (qui ne regarde d'ailleurs que les palestiniens eux-mêmes). Que ces mêmes populistes s'occupent un peu ( s'ils en sont capables) des vrais problèmes des Tunisiens (pouvoir d'achat, chômage, etc...).

ridha - 02-11-2019 13:44

toujours ces élites qui nagent à contre courant et ne font que du sur-place

Adel Manai - 02-11-2019 15:47

Kais Saied connai bien ces fonctions et je crois qu'il les assument bien pour le moment. Ce n'est pas un novice. Il etait conseiller aupres de la ligue Arabe pendant des annees. Il connait bien les rouages et les personnes/personalites. Le chomage, la situation economique etc c'est au prochain chef de gouvernement de s'en occuper. C'est son territoire pas celui de Saied.

Touhami Bennour - 02-11-2019 19:09

Il ne faut pas avoir ni de complexe ni de folie de grandeur quand on est petit pays. En europe il yen a de petits pays mais en realité ils se comportent avec grandeur d´une autre facon. Ils sont en avance en Islamophobie, un etrenger reste jusqu á la quatrieme geneneration étrenger même s´il est né dans le pays. En même temps ce pays pratique le neo liberalisme comme les grand pays avec l´inegalité et la pauvreté. Le mieux est d´être raisonnable et juste, et la liberté est indivisible. On a une politique sur le problème palestinien comme l´ONU et beaucoup d´ autres pays. Bourguiba n´est pas plus que son pays, ni Nasser d´allieurs, "on a le gouvernement qu´ on merite". Le nouveau president doit connaitre les problèmes de la Tunisie, et il faut le juger sur sa pratique. Les 8 années passés de la democratie n´on pas été bonnes, tout le monde le sait. Et d´ailleurs la democratie partout a besoin de revoir ses origines, La periode de KS sera une experience interessante.

Habib OFAKHRI - 03-11-2019 00:00

La question palestinienne est un brûlot.Longtemps ,judeens et arabes orientaux ont formé un couple explosif à cause d'un malentendu exégétique .A son égard,la Tunisie a tenté la diplomatie bourguibienne, par la demagogie nasserienne rejetée. Avec camp david en 1978,Sadate à failli débloquer la situation.Niet.Avec l'expulsion de l'OLP de Beyrouth en 1982,la direction arafatiste a reconnu ,en se mordant les doigts la justesse de l'approche tunisienne.Trop tard ,ni la conférence de Madrid ni les accords d'Oslo n'ont favorisé le dénouement de la crise..Les freristes du Hamas rêvant de l'émirat de Gazastan ont compliqué l'option pacifiste de l'autorité de Ramallah qui reconnaît explicitement l 'état d'Israël. Le rapport de forces bascule depuis des lustres en faveur d'Israël à cause des élucubrations des dirigeants arabes qui se sont servis de cette cause légalement juste -comme bouc émissaire pour maintenir sous leur coupe des peuples sous informés ..S'y greffe l'appui inconditionnel des states qui s'en servent en tant que proxy dans la région..Reste que tous les juifs ne sont pas sionistes alors que les sionistes sont des juifs sionistes.Aporie ?La société israélite constitue une mosaïque où coexistent des haridims,des achkenases,des sepharades,des arabes,des ultra libéraux et gauchistes,des druze,des bahai,.. Israël,un serpent sorti du chapeau de l'ONU continue d'échapper et de narguer sa matrice...Et il n'est pas dans l'intérêt du peuple palestinien réfugié -depuis des décennies- sur la terre de ses ancêtres et à travers les quatre coins du globe de continuer à le berner par la ponction à la boumediene...Le véritable ennemi d'Israël ne sont ni les arabes ni la communauté internationale mais ..LA PAIX.

Slim Ben Brahim - 03-11-2019 11:32

Il est indispensable aux tunisiens de s'ancrer dans leurs valeurs pour d'édifier au travail et au développement du pays. La cause arabo-musulmane doit être présente dans les discours politiques et notamment la cause Palestinienne. On ne fait pas l'exception, puisque tous les régimes au monde (des deux camps) l'évoquent

Betty - 03-11-2019 19:42

Ca fait 70 ans que les Palestiniens soi-disant réfugiés reçoivent des trillions de dollars de l'ONU. Tout a été fait de manière spéciale pour les Palestiniens: Le budget de l'UNRWA uniquement pour le peuple Palestinien est plus grand que tous les budgets combinés de tous les autres peuples réfugiés du monde.. La definition de 'réfugié' pour tous les autres autres peuples s'arrêtent avec la 1ere generation alors que pour les Palestiniens on a cree un status special qui fait que toutes les generations descendantes des réfugiés de 1948 - la plupart étant décédés - sont considérés réfugiés aussi avec tous les droits que ca leur donnent.. Pourquoi accorder ce status special? A cause de ça, ce problème ne va jamais se résoudre.. Il y a bcp de Palestiniens qui ne veulent pas sortir de leur status puisqu'ils reçoivent tellement d'argent.. Quant a leurs dirigeants, ils en ont fait leur cause célèbre et eux se baladent a l'étranger en Mercedes et fassent bâtir des villas luxueuses à leurs enfants comme Mahmoud Abbas.. Qui va vouloir changer ça? Quand des gouvernements successifs d'Israel ont essayé de faire des compromis pour la paix, les dirigeants palestiniens ont toujours refusé.. Les Palestiniens doivent arrêter de vouloir se 'venger' de ce qui s'est passé en 1948.. Est-ce que les Juifs d'aujourd'hui demandent a retrouver leurs maisons en Egypte ou en Allemagne d'où ils ont été chassé? Est-ce qu'ils vont se faire sauter dans des bus au milieu de civils allemands pour se venger de l'Holocauste de generations auparavant? Non.. Les survivants juifs allemands ont accepté des dommages monétaires de l'Allemagne même s'ils n'oublieront jamais ce qu'on leur a fait.. Mais quand on demande aux Palestiniens d'accepter dommages et intérêts et accepter une terre moindre ils refusent! Ils veulent retourner dans des villages qui n'existent plus!! Alors bon, 'Good Luck!' comme on dit en Anglais. C'est Bourguiba qui était le plus sage..

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