News - 15.09.2019

Qui est Kais Saied, l’infatigable marcheur, qui a emporté le premier tour de la présidentielle en Tunisie (Album photos)

Sans parti politique, ni machine électorale structurée, Kaïs Saied a créé la surprise en remportant, devant Nabil Karoui, le premier tour de l’élection présidentielle en Tunisie. Prenant nettement position sur une ligne de clivage essentielle, celle de l’antisystème, l’identité, et l’anti-corruption, il est parvenu à imposer son engagement sans équivoque, sa droiture, son intégrité plus que sa propre compétence, en critère fondamental de choix des électeurs. Les Tunisiens attendent d’en avoir confirmation lors du deuxième tour, tout en cherchant à le connaître de près. Eclairage.

Agé de 61 ans ( il est né le 22 février 1958), Kaïs Saïed, ce natif du Cap Bon (Beni Khiar) était quasi inconnu des milieux politiques il y a à peine un an. Très connu sur la scène médiatique par ses multiples interventions télévisées en matière de droit constitutionnel notamment lors des débat qui ont entouré l’élaboration de la constitution, il s’est forgé une popularité insoupçonnée grâce à une diction incomparable et une maîtrise rare d’une langue arabe raffinée qui a étonné plus d’un.

Homme droit et intègre, ne se prêtant à aucun compromis d’aucune manière, Saied a toujours considéré que le droit est la bouée de sauvetage de cette Tunisie déboussolée, désorientée où les classes politiques se sont rapidement laissées entrainées par l’influence des milieux d’affaires plus ou moins réguliers et sont devenus de fait les serviteurs zélés de l’intérêt particulier au détriment de l’intérêt général.

Kais Saied a grandi à Tunis, dans une famille modeste mais intellectuelle, qui a fait du travail et de l’effort des valeurs incontournables. Leurs voisins, de la Rue Mustapha Sfar, près de la Rue Alain Savary, se remémorent encore les souvenirs de Si Moncef son père et surtout de Lalla Zakia, sa mère comme des gens admirables, dévoués pour leurs enfants. Ils se rappellent la silhouette longiligne et affectueuse de Kais, toujours un cartable à la main qui ne manquait pas une occasion pour rendre visite à ses parents.

Kais Saied, est un pur produit du système éducatif tunisien, brillant et travailleur, ses diplômes de droit en poche, il n’a pas cherché comme ses collègues à s’installer dans le privé, pourtant plus rémunérateur et a au contraire postulé pour différents fonctions à l’université. Là, raconte l’un de ses proches, il a compris l’étendue de la corruption qui sévit dans les rouages des nominations, et il a subi jusqu’à sa retraite l’incompréhension du système vis-à-vis de ce penseur et de ce chercheur des plus atypiques. Et c’est peut-être dans cet espace de tensions et d’injustice que s’est forgée sa détermination de faire éclater le système afin de le rendre plus juste et plus droit.

Peu de gens savent comment s’est faite son ascension politique. Seul, avec peu de moyens, avec pour unique soutien, sa famille, quelques amis et ses étudiants, il est allé au-devant des gens simples dans les quartiers que les politiques fuient d’habitude, dans les villes ignorées, et s’est adressé principalement aux jeunes et au-delà dans un arabe limpide avec sa prose quasi-poétique. Les mots fusent de sa bouche comme coupés au couteau «Je ne vous trahirai pas, je ne vous escroquerai pas, je resterai fidèle à la parole que je vous ai donnée, je ne vous vends pas du rêve». Sans autre programme, que la justice, l’assainissement du milieu politique et le droit. Il s’est même engagé que ni lui ni sa femme ne voterait pour lui.

Robespierre, mais sans guillotines

Dans un portrait dr lui brossé par le magazine français le Point, il est comparé à «Robespierre, mais sans guillotines».

Le personnage est droit, simple, forçant le respect par son allure, sa taille mais aussi par une modestie qui se dégage naturellement de lui.

C’est un solitaire assumé observe le  Point. Il est vrai que les partis et les politiques, tels les guêpes attirées par le bon miel ne vont pas tarder à chercher à le séduire, en seront pour leurs frais. Kaies Said n’est pas à vendre.

Les coulisses rapportent faussement que c’est un homme sensible aux thèses islamistes, il n’en n’est rien. Si c’est un musulman qui s’assume sans détour, il n’est pas non plus connu pour être un militant de l’islam politique. C’est plutôt un militant du droit, de la loi, de l’ordre pour tous et pour chacun à commencer par lui-même. 

Après toutes ces années de laisser-aller la Tunisie a peut être besoin d’un homme comme Kaïs Saied, qui arrive au moment où les affaires mafieuses et les danses du ventre des politiciens ont fini par dégoûter le petit peuple de la chose politique.

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9 Commentaires
Les Commentaires
MS - 16-09-2019 07:35

Erreur. Mr. Kaïs Saïed est né à Tunis, pas à Béni Khiar. Il est issu d’une famille de Tunis et pas de Beni Khiar.

Laforme - 16-09-2019 08:02

Bonjour Lorsque l’on écrit un article en français,on se relit de façon à corriger toutes les fautes d’orthographe qui sont vraiment nombreuses dans cet article !

Dhraief Wathek Bellah - 16-09-2019 10:10

On doit se réjouir du succès de Mr Saied et j'espère qu'il passera avec brio le deuxième tour. Pourquoi se réjouir de ce succès, d'abord pour l’intégrité de la personne, de sa compétence et surtout de sa droiture. La Tunisie a souffert ces dernières décennies de ces gouvernants mafieux qui ne pensent qu'à leurs intérêts personnels, ces intérêts mesquins et mercantiles où la Tunisie et le peuple tunisiens sont les éternelles victimes. On lui reproche son manque de programme pour la Tunisie mais on oublie qu'il a misé sur la lutte contre la corruption, contre les mafias qui rongent le pays, la corruption dans l'administration...Permettez moi de vous dire que c'est grand, très grand programme et s'il arrive à réaliser, ne fût ce que la moitié, de celui ci, je peux vous affirmer qu'il a fait un grand boulot et qu'il a rendu un énorme service pour la Tunisie. En ce concerne le volet économique, social etc, Il doit travailler main dans la main avec le nouveau gouvernement pour faire sortir la Tunisie de ce marasme. Bonne chance pour Mr Saied et que dieu guide vos pas pour le bien de la Tunisie et le peuple tunisien.

HAMZA HAMZA HAMZA. M - 16-09-2019 12:40

Peuple tunisien à vous de jouer, étant donné que vous avez perdu tout espoir de voir du changement, et surtout du concret, ne ratez pas cette occasion d'en finir avec la gangrène qui nous range depuis des dizaines d'années seule la droiture peut vous y conduire, chacun de nous peut commencer par lui même... (UNIS)... C'est notre seule chance.

Fatima de Bagnolet - 17-09-2019 03:19

Bonjour, Félicitations à Monsieur Kaïs Saïed simple citoyen! Si le peuple tunisien a voté massivement au premier tour pour lui.. c' est que la corruption en matière politique a englué tous les partis ..Enahda en premier! Vive le peuple tunisien!

Benaceur najet - 17-09-2019 06:45

Kaīs saīd n'est pas à vendre !

Vieux tunisien - 17-09-2019 10:46

En écartant la nomenclatura politique dominante sur la scene politique, les tunisiens ont voté pour une personne qui le connaissent à travers son allocution en arabe littéraire, donnant une impression d'homme cultivé et maitrisant les règles de droit. Est ce que c'est suffisant pour être un bon président de la république !! Aujourd'hui les défis de la Tunisie sont nombreux : le terrorisme, la drogue, le déclin économique, le chômage, le réchauffement climatique, le niveau médiocre de l'éducation, la pollution et l'épuisement des ressources naturelles telles que l'eau, les problèmes de l'agriculture menacée par les semences OGM et les pesticides importés par la mafia , etc.... Je ne vois pas aucune compétence de ce monsieur dans ces domaines cruciaux qui touchent intimement la vie des tunisiens de tous les jours. Il nous parle de visiter l'Algérie dés son élection alors que l'Algérie est en pleine crise politique et il nous parle de refuser de changer les règles d'héritage pour respecter la loi islamique et ne s'occupe que de sujets bidons qui n'ont aucun rapport avec la réalité de la souffrance quotidienne des tunisiens pour une lutte acharnée de survie... Il nous dit qu'il est trés fort en droit constitutionnel mais on s'en fout de ses compétences de professeur, on veut quelqu'un qui nous ramène des investisseurs, qui interdit les OGM et les pesticides, qui crée des projets économiques, qui donne un coup de jeune aux institutions et qui punit tous ceux qui profitent du système pour s'enrichir sur le dos des pauvres gens. Donc pour moi je préfère Monsieur Karoui, qui malgré son coté "Ripoux", pourra au moins donner un peu d'espoir aux tunisiens sur le coté économique. on n'a pas besoin d'un prof de fac parlant la langue littéraire, on a besoin d'un mec proche des gens et qui parlent leur langue et s'occupe de leurs problèmes

Francoisehassen - 17-09-2019 11:53

Quelles sont ses accointances avec le sulfureux BelHadj du parti Tahrir c inquietant

AROUA - 17-09-2019 13:53

On n'est pas TUNISIEN pour rien.BRAVO et a bas la corruption

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