Lu pour vous - 15.03.2019

Un nouveau livre-événement de Mustapha Kamel Nabli : «J’y crois toujours»

"Jeter un peu de lumières" et "apporter des éléments de réponse" à tant de grandes questions économiques et politiques qui se posent à la Tunisie depuis ses huit dernières années : Mustapha Kamel Nabli s’y est employé dans un essai qu’il a voulu essentiellement économique à paraître dans les tout prochains jours. Sous le titre de "J’y crois toujours - Au-delà de la débâcle ... une Tunisie démocratique et prospère" publié chez Sud Editions, il nous prévient d’emblée : « Nous ne prétendons pas disposer de réponses définitives, ni avoir la solution- miracle aux maux qui rongent l’économie tunisienne. Mais, nous essayerons avec les données disponibles de rassembler dans un même document des éléments d’analyse qui nous permettront de mieux saisir ce qui s’est passé au cours des dernières années et quelles en étaient les raisons profondes. Nous analyserons également les risques qui guettent le pays, et proposerons les voies de sortie possibles. »

« Le pays pouvait finalement espérer marcher sur deux jambes, écrit-il : le progrès économique et social d’un côté et la démocratie et la liberté de l’autre ! Huit années plus tard la situation du pays n’a jamais été aussi confuse. S’il reconnaît qu'il y a « de quoi être fier et satisfait », il déplore « des motifs de désespoir : un chaos quotidien que nourrit le délitement de l’autorité de l’Etat, une inflation galopante, peu d’opportunités d’emplois décents pour les jeunes et les femmes, un secteur de l’économie parallèle rampant, une corruption en expansion, des services publics qui se dégradent à vue d’oeil et une insécurité au quotidien. Les jeunes Tunisiens, et les moins jeunes, « fuient » leur pays ! Tout cela baigne dans un environnement politique et social instable dont les horizons demeurent encore très flous. La situation économique est grave et les perspectives sont des plus incertaines. C’est comme si le pays ne pouvait pas marcher sur deux jambes et qu’il devait continuer à « boiter » en marchant sur une seule jambe, soit le progrès économique et social ou bien la liberté. Les deux paraissent inconciliables !

S’il souligne  que « cet essai est essentiellement économique », Mustapha Kamel Nabli ne manque pas de rappeler : « Comme l’économique ne peut être séparé du politique, surtout pendant cette période de transition démocratique et de mutations qui en découlent, l’essai est aussi inévitablement politique. »

« Après plusieurs années de « benign neglect » (de négligence sans grandes conséquences et à effet limité), écrit-il, les questions économiques sont à présent au centre des préoccupations. L’interaction des deux volets est évidente et déterminante pour l’avenir de la Tunisie. Une question fondamentale continue à se poser à ce propos : est-ce que la crise et le coût économique de la transition politique étaient « inévitables » ?

Et d’ajouter : « Les problèmes que confronte la Tunisie résultent de la difficulté à concilier les contradictions et les pressions exercées par des chocs majeurs qui ont frappé l’économie, par des demandes sociales pressantes et par l’incapacité du système politique à les gérer au mieux. »

C’est ce qui l’amène à écrire : « La résolution des problèmes de la Tunisie nécessite l’émergence d’une vision globale et intégrée qui met en cohérence les solutions technicoéconomiques et les solutions politiques. Une telle vision serait à même de faire renaître l’espoir. »

« Entre un pessimisme destructeur et un optimisme béat, l’auteur est convaincu qu'il existe des voies de sortie réalistes et réalisables. Elles ne sont pas faciles à emprunter ; elles supposent des sacrifices ; elles sont complexes et le succès n’est pas garanti. »

En trois grandes parties (structurées en dix chapitres, Mustapha Kamel Nabli s’est exercé à les explorer. « La première est consacrée à une présentation globale et synthétique de ce qui s’est passé (...) La deuxième partie présente une description détaillée des développements au niveau social, économique et financier pendant toute la période depuis la révolution, y compris l’année 2018, dans la mesure des données disponibles (...) La troisième partie est consacrée aux perspectives à court, moyen et long terme

Nabli montre «  aussi qu’une sortie positive de la crise reste possible, bien que difficile. Un scénario «miracle » de la crise est exploré. Il suppose un programme global et cohérent de plans d’action et mesures d’ordre politique, social, économique et financier. Au coeur de ce scénario, est la nécessité de résoudre et de dépasser la crise politique et les dysfonctionnements du système. Ce scénario de sortie de crise à court terme, ouvre la voie à de meilleures perspectives pour les performances économiques à long terme. Ces perspectives sont conçues à partir de la revue d’un ensemble de réformes structurelles prioritaires à même de soutenir la réalisation de ce potentiel. »

Un livre-évènement.

J’y crois toujours

Au-delà de la débâcle ... une Tunisie démocratique et prospère

de Mustapha Kamel Nabli

Sud Editions Mars 2019, 206 p.

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1 Commentaire
Les Commentaires
Abdelaziz Lakhdar Laouini - 04-09-2019 20:34

MKN est peut être un bon écrivain, mais c'est un homme qui a échoué dans la pratique chaque fois qu'on a fait appel à lui, car cassant, égocentrique, haute idée de lui même et finalement inexploitable à haut niveau.

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